ÊtrepĂ©dagogue, cela s’apprend et s’affine au jour le jour. On dit quelques fois qu’un bon pĂ©dagogue est une personne qui sait se mettre Ă  la place de ses Ă©lĂšves, qui sait faire preuve d’empathie. On dit aussi bien souvent que la passion des professeurs est en rĂ©alitĂ© leur pire ennemie, quand ils ne savent pas la faire taire.
Accueil Jeux Ă©ducatifs J'apprends Ă  Ă©crire Chargement en cours... Le produit sous toutes ses coutures RACONTE MOI UNE HISTOIREJ'apprends Ă  Ă©crire de Clementoni est un jeu Ă©ducatif simple et divertissant qui enseigne aux enfants comment Ă©crire leurs premiĂšres lettres et leurs premiers mots en utilisant les ardoises effaçables et les feutres. Les ardoises effaçables permettent aux enfants de s'entraĂźner indĂ©finiment et ainsi d'amĂ©liorer leur Ă©criture en se perfectionnant par la pratique. Votre enfant dĂ©couvrira l'Ă©criture de façon amusante et progressive. CARACTÉRISTIQUES = = = = RÉFÉRENCES CODE INTERNE 852608 CODE EAN 8005125523610 RÉFÉRENCE FABRICANT 52361

EnseignerĂ  Ă©crire l'autobiographie. Les nouveaux programmes de 3Ăšme prĂ©voient d'enseigner l'autobiographie. D'enseigner Ă  la lire, surtout, Ă  l'Ă©crire, un peu. La lire, au fond, c'est une lecture comme une autre, avec des motivations plus fortes peut-ĂȘtre, ou du moins diffĂ©rentes : la curiositĂ©, le goĂ»t du vrai, un mode diffĂ©rent d'identification L'Ă©crire, en revanche, ce n

Comme si Ă©couter Ă©tait naturel et ne s'apprenait pas. Alors qu'ĂȘtre Ă©coutĂ©, ĂȘtre entendu, Ă©couter et entendre sont des besoins fondamentaux sans lesquels aucune communication n'est est une compĂ©tence qui s'acquiert. Il existe d'ailleurs aujourd'hui de trĂšs nombreuses formations Ă  l'Ă©coute, qui sont spĂ©cifiques selon les situations trĂšs diverses d'Ă©coute que l'on peut rencontrer. Écouter demande un savoir-faire, un travail, un entraĂźnement, des relectures pour chercher Ă  amĂ©liorer sa qualitĂ© d'attention en Ă©liminant tous les Ă©lĂ©ments qui la parasitent. Écouter est exigeant, demande de l'attention et de la concentration. Plus encore que des techniques d'Ă©coute, il y a Ă  travailler son attitude d'Ă©coutant. Être gentil et plein de bonne volontĂ© ne suffit pas, mĂȘme si c'est indispensable! Par une bonne Ă©coute pourra naĂźtre une rencontre, et de cette rencontre un accompagnement et une annonce de notre foi. Savoir Ă©couter est la condition incontournable de l'entretien pastoral pour la prĂ©paration de funĂ©railles[1].Gardons Ă©galement en mĂ©moire que dans ce dialogue, pour la personne qui vient de perdre l'un de ses proches, les Ă©quipes funĂ©railles reprĂ©sentent l'institution Église, qui veut ĂȘtre proche de ceux qui souffrent. Et comme le dit si bien Jean Vanier La premiĂšre des compassions, c'est la compĂ©tence. »Quelques prĂ©alablesPour prĂȘter une oreille la plus attentive possible, les Ă©quipes funĂ©railles devront garder en mĂ©moire plusieurs prĂ©alables, qui semblent certainement des Ă©vidences mais que nous devons toujours nous rappeler L’ĂȘtre humain est un ĂȘtre de relation. Il n’existe pas sans l’autre et sans un regard de l’autre sur lui-mĂȘme. Il se construit d'ailleurs par sa relation Ă  l’autre paroles, regards.L’ĂȘtre humain est incarnĂ©, dans un corps physique, avec un type de prĂ©sence, une façon de bouger, une voix, une odeur, une consistance. Cette apparence a toujours un effet sur l'autre. SpontanĂ©ment, Ă  partir de ce que nous voyons, nous nous faisons une image mentale de la personne. Ceci est encore plus manifeste lorsque nous entendons une voix au tĂ©lĂ©phone. Inconsciemment, nous nous reprĂ©sentons mentalement notre interlocuteur et parfois nous sommes surpris lorsque nous constatons que cette image ne correspond pas du tout Ă  la rĂ©alitĂ©. Notre perception de l'autre est donc toujours diffĂ©rente de ce que cet autre est vraiment. Nos sens peuvent nous tromper sur la personne. De mĂȘme, notre propre corporalitĂ© parlera Ă  notre interlocuteur avant mĂȘme que nous n'ayons ouvert la humain est un ĂȘtre complexe, et seul Dieu peut saisir, en vĂ©ritĂ©, l'ensemble de ce qu'a Ă©tĂ© sa vie. En tout homme se mĂȘlent le bien et le mal, des forces et des faiblesses, des qualitĂ©s et des dĂ©fauts. Dans un dialogue, nous ne prĂ©sentons qu'une facette de nous-mĂȘmes. Le sujet est toujours ailleurs que ce qu’il laisse percevoir de lui-mĂȘme. Il a de multiples facettes et ne les montre pas toutes Ă  la fois. C’est cette complexitĂ© et ce mouvement qui font que chacun est unique et qu’on ne peut rien possĂ©der de l’autre. Aussi, dans l'entretien avec la famille, les Ă©quipes funĂ©railles n'auront jamais qu'une facette de la vie du dĂ©funt. Elles auront Ă  garder un certain recul et de la prudence sur ce point. Il peut arriver que le dĂ©funt, admirĂ© par une partie de sa famille, soit honni de l'autre. Cette vigilance des Ă©quipes doit ĂȘtre d'autant plus grande si la famille est humain est guidĂ© d’abord par son affectivitĂ©, son histoire, ce qu'il en a fait, les liens qu'il a tissĂ©s avec les autres. Cette affectivitĂ© passe avant la raison. Nos mots sont des vĂ©hicules d’émotions avant d’ĂȘtre des vĂ©hicules d’idĂ©es. Chacun parle pĂ©tri de ce qu’il ressent ou de ce qu’il ne veut pas ressentir, et cela est rarement conscient. Dans un contexte de funĂ©railles, cette affectivitĂ© prend une place prĂ©dominante et toute humain est animĂ© par des croyances pas seulement religieuses, qui sont la rĂ©sultante de la culture dans laquelle il Ă©volue, de son histoire, de sa personnalitĂ© etc. Il porte en lui toutes sortes de reprĂ©sentations de lui-mĂȘme, de ce qu’il a Ă©tĂ©, de ce qu’il voudrait ĂȘtre, de ceux qu’il rencontre et de ce que ces rencontres lui renvoient, de ce qu’est le bonheur, l’amour, une institution, humain est un je mis en jeu. Une personnalitĂ© se construit tout au long de la vie. Chaque personne est un ĂȘtre en devenir, façonnĂ© par les expĂ©riences, heureuses et malheureuses, qu'elle traverse il est donc impossible d'enfermer une personne dans ce qu'elle est Ă  un instant donnĂ©. Tout particuliĂšrement si elle est en deuil. Les personnes telles que nous les rencontrons lors de l'entretien seront autres si nous les recroisons quelques semaines aprĂšs...Une mise en confiance indispensable qui se fait de façon progressiveCertes, la façon avec laquelle les membres des Ă©quipes funĂ©railles se prĂ©senteront sera dĂ©terminante. Ils pourront rappeler la mission d'accompagnement qui leur est confiĂ©e par l'Église et la confidentialitĂ© de l'entretien. Mais la confiance s'installera toujours de façon progressive, au fur et Ă  mesure de la rencontre. Elle n'est jamais acquise, jamais gagnĂ©e une fois pour toutes et ne peut jamais s'imposer. La qualitĂ© d'Ă©coute la souvent, Ă  la fin de l'entretien avec les familles, lorsque cette confiance est Ă©tablie, que les confidences se font Il faut que vous sachiez... », Il faut que l'on vous dise... » et que les secrets de famille » sont dĂ©voilĂ©s... Ce sera alors un indicateur positif de la qualitĂ© de la lieux et conditions matĂ©rielles favorisant un bon dialogueLa rencontre avec la famille peut se faire aussi bien dans une salle paroissiale qu'au domicile de la famille. Quel que soit le lieu, il est important que les Ă©quipes funĂ©railles veillent Ă  ce que les conditions extĂ©rieures permettent une vraie rencontre. Elles seront attentives Ă  la disposition et la chaleur de la piĂšce ni un lieu de passage, ni un lieu glacĂ©, Ă  son Ă©clairage pas de nĂ©on agressif, Ă  la discrĂ©tion, au calme et Ă  l'intimitĂ© de la piĂšce ni le secrĂ©tariat, ni la salle de photocopies.Elles tiendront compte Ă©galement de l'heure du rendez-vous. Celui-ci doit ĂȘtre suffisamment Ă©loignĂ© des temps de repas, sorties de classes ou autres contraintes pour qu'on ne soit pas obligĂ© d'Ă©courter prĂ©cipitamment la attitudes physiques de l'Ă©coutant un engagement de toute la personneÉcouter demande un engagement physique de toute la personne et nous ne pouvons Ă©couter vraiment que si nous en prenons le avoir une attitude physique de disponibilitĂ©, il est avant tout nĂ©cessaire de s'installer confortablement retirer ses gants, son manteau car nous ne sommes pas lĂ  de passage..., de couper son tĂ©lĂ©phone portable, de bien se placer par rapport Ă  son interlocuteur ni en face de lui, ni Ă  cĂŽtĂ© de lui, mais plutĂŽt de trois quarts, et de prĂ©parer de quoi prendre quelques notes avec la permission de la famille. Une Ă©coute active implique Ă©galement de rester concentrĂ© sur l'entretien sans ĂȘtre pour autant oppressant, et de ne pas se laisser distraire par ce qui se passe Ă  l'extĂ©rieur passage dans la rue, mouvement, maison de la famille.Une posture calme, silencieuse, chaleureuse, ouverte est nĂ©cessaire. Nous Ă©coutons d'abord avec notre corps, comme nous parlons d'abord avec notre corps 70% du langage passe par le non-verbal. Nous avons donc Ă  ĂȘtre vigilants sur nos attitudes physiques qui pourraient parasiter notre qualitĂ© de prĂ©sence signes de nervositĂ©, jambes qui bougent, regards Ă©changĂ©s, grimaces, froncements de sourcils, soupirs...Attitudes intĂ©rieures de l'Ă©coutantPour Maurice Bellet, Écouter c’est se faire l’hĂŽte de l’hĂŽte qui vient. C'est l'hospitalitĂ© intĂ©rieure ». Se rendre disponible intĂ©rieurementL'Ă©coutant doit donc avant tout faire abstraction de ses propres obstacles intĂ©rieurs urgences, prĂ©occupations, sentiments nĂ©gatifs, fatigue excessive, conviction de savoir ou d'avoir raison.... Il doit faire un vide en lui pour ĂȘtre totalement prĂ©sent Ă  son parti pris de bienveillanceUne attitude de non jugement, d'accueil de l'autre tel qu'il est, est primordiale pour permettre une rencontre en vĂ©ritĂ©. Écouter, c'est accepter de l'autre qu'il m'emmĂšne dans son univers, dans sa vie, dans son histoire, et c'est accepter de la recevoir sans la de tous les prĂ©jugĂ©s possibles, l'Ă©coutant doit ĂȘtre dans la neutralitĂ©, la bienveillance et le non-jugement. Tout peut ĂȘtre dit, tout peut ĂȘtre dĂ©centrement de soi-mĂȘmeL'Ă©coutant doit Ă©galement se garder de reporter Ă  sa propre expĂ©rience de vie ce qui lui est confiĂ© Pas de moi je »ou mes propres deuils »et donc exclure ses propres idĂ©es prĂ©conçues et ses tentatives d’interprĂ©tation ou de comprĂ©hension des certaine façon, il s'agit de perdre le sentiment de sa propre importance pour ne donner d'importance qu'Ă  l'autre et voir en lui un ĂȘtre peut arriver que l'Ă©coutant entende des paroles qui le choquent, qui rĂ©veillent en lui quelque chose de douloureux ou qui sont en opposition avec ses propres idĂ©es. Il peut le repĂ©rer, l'accueillir, et faire la distinction entre les idĂ©es de son interlocuteur, ce qu'elles provoquent en lui et qu'il refuse, et l'interlocuteur lui-mĂȘme qu'il continuera d' doit ĂȘtre dans une compassion ajustĂ©e, dans l'empathie capacitĂ© de rentrer dans le cadre de rĂ©fĂ©rence de l'autre et de comprendre affectivement, Ă©motionnellement les problĂ©matiques et les sentiments de l'autre tout en restant lui-mĂȘme, authentique et bien Ă©couter, il faut aussi ĂȘtre Ă  l'aise et trouver du plaisir et de la joie dans cette rencontre. Les membres des Ă©quipes funĂ©railles gagneront toujours Ă  la confier Ă  l'Esprit saint .Paroles, silences et dialoguesÉcouter, c'est d'abord se taire ! C'est laisser parler son interlocuteur sans l'interrompre, sans lui couper la parole, sans chercher Ă  finir ses phrases. Cela rendrait l'interlocuteur passif et pourrait le faire dĂ©connecter de sa la parole et le dĂ©bit sont lents, si les mots se cherchent, c'est pour que les idĂ©es se frayent un chemin dans la pensĂ©e de celui qui parle, et que celle-ci s'affine. Nous pensons quatre fois plus vite que nous sera attentif aux silences, sans chercher Ă  les interrompre, surtout lorsqu'ils sont longs. Il notera les mots ou idĂ©es qui sont rĂ©pĂ©tĂ©s plusieurs fois ainsi que les sous-entendus. Il invitera son interlocuteur, par des questions ouvertes, Ă  prĂ©ciser sa pensĂ©e et essaiera de reformuler de façon fidĂšle ce qui a Ă©tĂ© dit, pour s'assurer d'avoir bien compris ce qu'il veut cours de l'entretien, il aura peut-ĂȘtre Ă  rĂ©actualiser certaines reprĂ©sentations que les familles ont de Dieu, de l'Église, des funĂ©railles. Il le fera en Ă©vitant les rĂ©ponses toutes faites, doctrinales, thĂ©ologiques ou plaquĂ©es. De prĂ©fĂ©rence, il tĂ©moignera d'abord de sa propre foi avec ses mots Ă  lui, dans la simplicitĂ©, comme un frĂšre et non comme un l'Ă©motion submerge la famille, il n'est pas forcement besoin de parler. Mais des paroles apaisantes peuvent aussi ĂȘtre les bienvenues Prenez le temps de trouver vos mots » ou je comprends », je vous Ă©coute », je suis lĂ  », » j’entends, je vois votre Ă©motion ».Et si la famille ne parle pas ?Il est courant d'entendre la difficultĂ© que des Ă©quipes funĂ©railles rencontrent lorsque les familles ne parlent pas. Pour certaines, effectivement, parler n'est ni spontanĂ©, ni facile, ni souhaitĂ©. D'autant plus lorsqu'il est blessĂ©, le cƓur peut ĂȘtre Ă©quipes hĂ©sitent alors Ă  trop questionner la famille, de peur de rentrer dans une intimitĂ© qui veut ĂȘtre prĂ©servĂ©e. Mais dans le mĂȘme temps, elles sont soucieuses de prĂ©parer la cĂ©lĂ©bration et de la personnaliser. Mais si la famille ne le dĂ©sire pas, il n'est pas absolument nĂ©cessaire de le proposer. Les Ă©quipes auront donc juste Ă  veiller Ă  ce que la liturgie des funĂ©railles soit dĂ©ployĂ©e avec beautĂ©, sans y intĂ©grer des Ă©lĂ©ments de la vie du conclusionUn Ă©coutant veillera Ă  ĂȘtre lui aussi Ă©coutĂ©, en relisant en Ă©quipe les diffĂ©rents entretiens qu'il a eu Ă  mener. Il sera attentif Ă  repĂ©rer dans son Ă©coute ce qui aura pour objectif de construire la cĂ©lĂ©bration de ce qui aura pour but de permettre Ă  la famille d'exprimer sa souffrance, de partager son questionnement, et de confier les Ă©vĂšnements importants de sa vie. Enfin, il sera vigilant Ă  Ă©viter toute sorte de curiositĂ© malsaine qui n'aurait comme objectif ni la prĂ©paration de la cĂ©lĂ©bration, ni le mieux-ĂȘtre de la membres des Ă©quipes funĂ©railles reliront ensemble les situations oĂč le dialogue s'est avĂ©rĂ© difficile, et n'hĂ©siteront pas Ă  envisager de participer aux formations Ă  l'Ă©coute qui existent dans leur diocĂšse. Celles-ci leur apporteront une grande aide, tant dans leur mission que sur le plan personnel."Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d'entendre, ce que vous croyez entendre, ce que vous entendez, ce que vous avez envie de comprendre, ce que vous croyez comprendre, ce que vous comprene... Il y a dix possibilitĂ©s qu'on ait des difficultĂ©s Ă  communiquer. Mais essayons quand mĂȘme..."Bernard Werber L'EncyclopĂ©die du savoir relatif et absolu, Le Livre de Poche[1] Cf Fiche n°4 L'entretien avec les familles ».

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Iln’est pas bon de souffrir, mais il est bon d’avoir souffert. ~ Richard Abel. La douleur est inĂ©vitable, mais la souffrance est facultative. ~ Bouddha. Par de lĂ©gĂšres douleurs on apprend Ă  supporter les grandes. ~ Jean-Jacques Rousseau. Qui cherche la vĂ©ritĂ© de l’homme doit s’emparer de sa douleur. ~ Georges Bernanos.
Nadja est une Ɠuvre clĂ© d’AndrĂ© Breton. Par l’authenticitĂ© des photographies, des dessins, des lettres et des faits relatĂ©s, l’auteur parvient Ă  Ă©viter qu’on nomme et qu’on lise son ouvrage comme un roman. Souhaitant rĂ©gler des comptes Ă  la littĂ©rature descriptive et Ă  la littĂ©rature » en gĂ©nĂ©ral, AndrĂ© Breton offre avec Nadja une expĂ©rience littĂ©raire significative. Prolepse L’auteur justifie ici de son choix d’écriture qui Ă©limine toute description et observe presque froidement les faits. Il explique la prĂ©sence abondante des photographies qui servent de tĂ©moignages et de documentations. Il prĂ©fĂšre le dĂ©nuement dans son style et donne la vision d’un rĂ©cit comme un document pris sur le vif ». PremiĂšre partie La quĂȘte identitaire Breton s’interroge Qui suis-je ? » et engage une sĂ©rie de rĂ©flexions qui expliquent sa dĂ©marche littĂ©raire, critique et biographique. Breton veut essayer de tirer les signes de sa singularitĂ© et de sa diffĂ©renciation. La critique Breton remet en cause la critique littĂ©raire qui devrait selon lui davantage se prĂ©occuper du quotidien, qui traduit mieux la vĂ©ritĂ© d’un homme. Il dĂ©nonce Ă©galement le roman rĂ©aliste et la littĂ©rature psychologique en louant celle qui ne masque rien de la vie d’un homme. Pour Breton l’écrivain doit ĂȘtre transparent et son objectif est de montrer l’homme dans son quotidien, sans artifices. La part de l’autobiographie Les anecdotes se succĂšdent, dans lesquelles l’auteur souligne les hasards et les coĂŻncidences. Breton prĂ©cise Ă©galement sa façon d’écrire au grĂ© des souvenirs spontanĂ©s sans chercher Ă  insĂ©rer un ordre. Par la relation des faits-glissants » les Ă©vĂ©nements dĂ©clencheurs et annonciateurs et des faits-prĂ©cipices » essentiels et bouleversants, Breton tente de connaĂźtre la rĂ©alitĂ© de sa vie. Il conclut un pacte d’authenticitĂ© avec le lecteur. Le rĂ©cit Des Ă©vĂ©nements du passĂ© sont exposĂ©s et sont mis en rapport avec le prĂ©sent. On lit la rencontre de Paul Eluard, la venue de Benjamin PĂ©ret, Soupault, l’écriture sous hypnose de Desnos, L’Étreinte de la Pieuvre, Les DĂ©traquĂ©es que joue Blanche Derval, l’illusion de la Maison rouge ». Les dĂ©ambulations dans Paris tĂ©moignent du goĂ»t de Breton pour les théùtres. Le hasard ne cesse d’occuper une place importante. Cette Ă©nonciation prĂ©figure la rencontre avec Nadja. DeuxiĂšme partie, Nadja Cette partie commence par un rĂ©cit traditionnel au passĂ© lorsque Breton rencontre une femme Ă©nigmatique Nadja qui lui raconte son histoire et ses amours, et avec laquelle Breton ne cesse de voir des coĂŻncidences avec son existence. Le rĂ©cit prend la forme d’un journal du 4 au 12 octobre avant de revenir sur une rĂ©trospection et de terminer sur un mode narratif qui annonce la folie de Nadja et la rupture de Breton avec elle. Tout au long de ce rĂ©cit, Breton tient Ă  prĂ©senter Nadja comme elle est, Ă  travers ses photographies et ses dessins, sans la juger. Entre muse et femme dĂ©chue, Nadja est une figure insaisissable. Le journal 4 octobre 1926 Breton rencontre Nadja par hasard. Ce sont les premiers regards et les premiers mots Ă©changĂ©s. Nadja lui raconte ses histoires, son passĂ©, sa prĂ©sence Ă  Paris et lui parle de sa santĂ©. Elle se dĂ©finit comme une Ăąme errante ». Ils doivent se voir le lendemain. Breton Ă©crit aussi au sujet du travail. 5 octobre 1926 Nadja arrive, Ă©lĂ©gante ce qui contraste avec son aspect de la premiĂšre rencontre. Elle se confie Ă  propos du grand ami » et d’un AmĂ©ricain ». Nadja instaure l’un de ses jeux favoris avec Breton celui des questions / rĂ©ponses. 6 octobre 1926 Nadja et Breton se rencontrent par hasard alors que Nadja avait choisi de ne pas se rendre au rendez-vous fixĂ©. Ils s’embrassent pour la premiĂšre fois dans un taxi et ils errent dans Paris ensemble. Nadja annonce qu’elle a une fille avec laquelle elle ne vit pas. Elle dĂ©passe la perception du rĂ©el et avoue Ă  Breton l’effet qu’il a sur elle. Ils prennent rendez-vous pour le surlendemain. 7 octobre 1926 Breton se questionne sur la relation qu’il entretient avec Nadja et sur les sentiments qu’il Ă©prouve. Il veut Ă  tout prix la voir et la rencontre Ă  nouveau par hasard en sortant. Breton accepte d’aider Nadja qui est en difficultĂ© financiĂšre. 8 octobre 1926 Breton se trompe de lieu de rendez-vous et pense que Nadja n’est pas venue. Il se rend jusqu’à son hĂŽtel. 9 octobre 1926 Breton Ă©voque de pĂ©trifiantes coĂŻncidences » qui ont marquĂ©es sa vie. 10 octobre 1926 Nadja exerce un pouvoir troublant sur les hommes. Elle en profite pour demander Ă  Breton d’écrire un livre sur eux deux. 11 octobre 1926 Les deux amants dĂ©ambulent dans Paris mais ils ne semblent pas complices. Breton ressent de l’ennui. 12 octobre 1926 Nadja offre un dessin Ă  Breton et lui explique ce qu’il reprĂ©sente mais Breton ne saisit pas les propos de la jeune femme. Ils partent pour Saint-Germain en train mais comme tout est fermĂ©, ils repartent pour Paris. Le journal se termine. La suite de leur relation La narration change. Breton se questionne sur le personnage de Nadja qu’il perçoit Ă  la fois comme un gĂ©nie libre » et comme une pauvre femme ». L’auteur dĂ©voile et partage des poĂšmes et des aphorismes qu’a Ă©crit Nadja et explique certains de ses dessins. Nadja est internĂ©e pour avoir troublĂ© l’ordre de l’hĂŽtel oĂč elle vivait. Breton en profite pour Ă©crire ses pensĂ©es en ce qui concerne la psychiatrie et les asiles en dĂ©nonçant leurs mĂ©thodes qu’il juge la plupart du temps scandaleuses. TroisiĂšme partie, l’épilogue Bilan Breton fait un bilan critique sur ses actes et sur la sociĂ©tĂ© qu’il juge conformiste et nihiliste, sur les institutions psychiatrique et revient jusque sur les lieux de sa rencontre avec Nadja. Breton avoue que sa relation avec Nadja stimulait davantage son esprit. Elle est d’ailleurs rapidement remplacĂ©e par la Merveille », une nouvelle figure qui apparaĂźt. Il se demande s’il est utile d’écrire alors que la vie se prĂ©sente Ă  lui. Sur l’illustration Breton annonce son insatisfaction envers les illustrations de Nadja qui ne correspondent pas toujours Ă  sa vision des choses. La Merveille Le Toi » et la Merveille » apparaissent en cette fin d’ouvrage, adressĂ©s Ă  une femme anonyme qu’il aime passionnĂ©ment et dont Nadja aura Ă©tĂ© l’ambassadrice. L’excipit se prĂ©sente comme une mĂ©ditation sur la BeautĂ© et dĂ©voile l’espoir rĂ©alisĂ© d’un amour fou », subjuguĂ© par cette femme idĂ©ale et irremplaçable. MĂȘme son livre lui paraĂźt futile. Breton conclut que la beautĂ© ne doit pas ĂȘtre statique, mais oscillatoire ». La beautĂ© sera CONVULSIVE ou ne sera pas ».
Ecrirem'oblige Ă  organiser un minimum ce flot qui m'inonde de vagues chaudes et dĂ©licieuses qui tantĂŽt me portent, tantĂŽt me coupent le souffle. Ecrire, Ă©crire, et, dans le mĂȘme temps, apprendre Ă  me taire. Me taire pour laisser l'Ă©coute advenir. La parole de l'autre se dĂ©ployer. Me sentir furieusement vivante, vibrante, sentir le dĂ©sir qui me porte vers les autres
1 Ce texte est une traduction du chapitre Writing A Method of Inquiry » de Laurel Richardson et El ... Comment donc les autrices et auteurs en sciences sociales perçoivent l’écriture aujourd’hui ? Qu’est-ce que l’écriture peut faire de plus que tenter de reprĂ©senter ou de reflĂ©ter quelque chose dans le monde, qu’une chercheuse ou un chercheur a dĂ©couvert » Ă  l’issue d’une recherche empirique traditionnelle ? Le prĂ©sent essai montre que l’écriture peut aussi constituer le lieu de la recherche, que la recherche survient dans la pensĂ©e qu’éveille l’écriture au fil des phrases qui s’enchaĂźnent, les unes Ă  la suite des autres — lentement, laborieusement, ou de maniĂšre prĂ©cipitĂ©e alors que les mots se bousculent sur la page. L’écriture comme mĂ©thode, l’écriture comme mode de pensĂ©e, est expĂ©rimentale et crĂ©ative. La personne qui Ă©crit se perd et est emportĂ©e par l’écriture, dans l’écriture ; elle devient avec le texte qui s’écoule dans l’à-venir vers ce que nous sommes encore incapables de penser et d’ĂȘtre. Nous encourageons les lectrices et lecteurs Ă  Ă©crire pour interroger et imaginer le xxie siĂšcle en devenir. Nous sommes particuliĂšrement heureuses que notre travail1 ait Ă©tĂ© traduit en français et remercions Karelle Arsenault et Karine Bellerive de lui avoir permis de toucher de nouveaux publics. Laurel Richardson et Elizabeth Adams St. Pierre, mars 2022 2 NDT. Laurel RICHARDSON 1994, Writing A Method of Inquiry », dans Norman K. DENZIN et Yvonna S. ... 1Au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, le milieu de l’ethnographie s’est dĂ©ployĂ© Ă  un point que nous n’aurions pu imaginer au moment d’écrire ce chapitre pour la premiĂšre Ă©dition de ce recueil2. Dans une variĂ©tĂ© de disciplines mĂ©decine, droit, Ă©ducation, sciences humaines et sociales, des chercheuses et chercheurs qualitatifs ont depuis dĂ©couvert que l’écriture comme mĂ©thode de recherche s’avĂšre une dĂ©marche fĂ©conde pour en apprendre sur elles-mĂȘmes et eux-mĂȘmes ainsi que sur leurs sujets de recherche. La littĂ©rature est vaste et variĂ©e. 2À la lumiĂšre de ces dĂ©veloppements, la nouvelle version de ce chapitre est divisĂ©e en trois parties. Dans la premiĂšre partie, Laurel Richardson prĂ©sente a les contextes historique et contemporain de l’écriture scientifique, b le genre de l’ethnographie analytique et crĂ©ative ainsi que c la direction qu’a prise sa pratique au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, notamment avec les rĂ©cits d’écriture » et les collaborations qui traversent la division sciences humaines/sciences sociales. Dans la deuxiĂšme partie, Elizabeth St. Pierre analyse la maniĂšre dont l’écriture en tant que mĂ©thode de recherche s’inscrit dans le dĂ©veloppement d’une Ă©thique de soi engagĂ©e dans l’action sociale et la rĂ©forme sociale. Dans la troisiĂšme partie, Richardson offre aux chercheuses et chercheurs qualitatifs quelques pratiques et exercices d’écriture. 3Tout comme ce chapitre reflĂšte nos propres processus et prĂ©fĂ©rences, nous espĂ©rons que vos Ă©critures s’engageront dans ce mĂȘme parcours. Plus nombreuses seront les voix diffĂ©rentes qui obtiennent une reconnaissance au sein de la communautĂ© qualitative, plus forte — et plus intĂ©ressante — sera la communautĂ©. Partie 1 Ă©criture qualitative Laurel Richardson 4Il y a 10 ans, dans la premiĂšre Ă©dition de ce recueil The SAGE Handbook of Qualitative Research, j’ai avouĂ© avoir Ă©tĂ©, pendant des annĂ©es, assommĂ©e d’ennui par bon nombre d’études qualitatives prĂ©tendument exemplaires. J’ai abandonnĂ© un nombre incalculable de textes Ă  moitiĂ© lus, Ă  moitiĂ© balayĂ©s du regard. Je commandais un nouvel ouvrage avec fĂ©brilitĂ© — le sujet m’intĂ©ressait, je voulais lire l’autrice, l’auteur —, pour finalement en trouver son texte soporifique. Lorsque j’ai brisĂ© l’omerta, rĂ©vĂ©lant Ă  des collĂšgues et Ă  des Ă©tudiantes et Ă©tudiants ĂȘtre agacĂ©e par la plupart des Ă©crits qualitatifs, j’ai dĂ©couvert une communautĂ© de personnes qui partageaient ce mĂ©contentement. Ces derniĂšres affirmaient l’une aprĂšs l’autre trouver la majoritĂ© des Ă©crits qualitatifs insipides — oui, insipides. 5Nous avions lĂ  un sĂ©rieux problĂšme les sujets Ă©tudiĂ©s Ă©taient fascinants et essentiels Ă  la recherche, mais les ouvrages qualitatifs n’étaient pas suffisamment lus. Contrairement aux travaux quantitatifs, qui peuvent s’incarner dans des rĂ©sumĂ©s et des tableaux, les travaux qualitatifs, eux, ne font sens que dans leur texte tout entier. À l’instar de l’écrit littĂ©raire, que l’on ne peut rĂ©duire Ă  sa quatriĂšme de couverture, le sens de la recherche qualitative ne peut s’exprimer par son seul rĂ©sumĂ©. Elle doit ĂȘtre lue, et non seulement parcourue rapidement ; son sens se rĂ©vĂšle au fil de la lecture. Il me semblait au mieux insensĂ©, au pire narcissique et totalement Ă©gocentrique, de passer des mois, voire des annĂ©es, Ă  rĂ©aliser une recherche dont le rendu ne serait Ă  la fin lu de personne et ne servirait Ă  rien sinon Ă  promouvoir la carriĂšre de celle ou celui qui l’aurait Ă©crit. Était-il possible de produire des Ă©crits qui Ă  la fois seraient indispensables et sauraient faire la diffĂ©rence ? Je me suis accrochĂ©e Ă  cette idĂ©e de l’écriture comme mĂ©thode de recherche. 6On m’a enseignĂ©, comme Ă  vous sans doute, Ă  n’écrire que lorsque je savais quoi dire ; autrement dit, Ă  n’écrire que lorsque les grandes lignes de mon texte Ă©taient esquissĂ©es et ordonnĂ©es. Mais je n’aimais pas Ă©crire ainsi. Je me sentais coincĂ©e et indiffĂ©rente. Songeant aux rĂšgles d’écriture que l’on m’avait enseignĂ©es, j’ai rĂ©alisĂ© qu’elles se rattachaient Ă  la mĂ©canique scientiste et Ă  la recherche quantitative. Elles Ă©taient en fait et en elles-mĂȘmes le rĂ©sultat d’une invention sociohistorique pensĂ©e par nos prĂ©dĂ©cesseurs du xixe siĂšcle. Imposer ces rĂšgles aux chercheuses et chercheurs en recherche qualitative a entraĂźnĂ© un lot de problĂšmes ces mĂ©thodes ont minĂ© le processus crĂ©atif et dynamique de l’écriture ; elles ont amoindri la confiance des jeunes chercheuses et chercheurs qualitatifs, car leur expĂ©rience de la recherche Ă©tait incompatible avec le modĂšle d’écriture prĂŽnĂ© ; et elles ont contribuĂ© Ă  produire une flottille d’écrits qualitatifs tout simplement inintĂ©ressants parce qu’écrits Ă  travers la voix homogĂ©nĂ©isĂ©e de la science ». 7Les chercheuses et chercheurs qualitatifs soulignent frĂ©quemment l’importance que revĂȘtent les aptitudes et les compĂ©tences individuelles de la personne qui fait la recherche. Ce ne sont pas le sondage, le questionnaire ou l’enregistrement qui sont instruments », mais la chercheuse ou le chercheur. Plus cette personne est habile, meilleures sont les chances que la recherche soit de grande qualitĂ©. 8On invite les Ă©tudiantes et Ă©tudiants Ă  faire preuve d’ouverture Ă  observer, Ă  Ă©couter, Ă  interroger et Ă  participer. Par le passĂ©, on ne leur enseignait toutefois pas Ă  nourrir leur Ă©criture. Au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, plutĂŽt que de taire leurs voix singuliĂšres, les autrices et auteurs qualitatifs ont nĂ©anmoins affinĂ© leurs compĂ©tences rĂ©dactionnelles. Apprendre Ă  Ă©crire autrement ne nuit pas plus Ă  nos aptitudes Ă  Ă©crire de maniĂšre traditionnelle que l’apprentissage d’une langue seconde diminue notre capacitĂ© Ă  nous exprimer dans notre langue maternelle. En fait, c’est ainsi que plusieurs formes d’écriture qualitative ont pu Ă©merger. Écriture en contexte 9Le langage est une force constitutive qui engendre une vision particuliĂšre de la rĂ©alitĂ© et du soi. Produire des choses » implique et gĂ©nĂšre toujours de la valeur quoi produire, comment nommer ce qui est produit et comment dĂ©finir la relation entre les productions et celles et ceux qui les auront produites. Écrire ne fait pas exception. Aucune mise en scĂšne textuelle n’est innocente, y compris celle-ci. Les styles d’écriture ne sont ni fixes ni neutres, mais reflĂštent plutĂŽt le mouvement des Ă©coles de pensĂ©e et des paradigmes dominants au fil du temps. L’écriture en sciences sociales, comme toute forme d’écriture d’ailleurs, relĂšve d’une construction sociohistorique et, par consĂ©quent, est appelĂ©e Ă  se transformer. 3 Citation originale taste, aesthetics, ethics, humanity, and morality ». 10Depuis le xviie siĂšcle, le monde de l’écriture a Ă©tĂ© divisĂ© en deux types littĂ©raire et scientifique. La littĂ©rature, dĂšs le xviie siĂšcle, a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  la fiction, Ă  la rhĂ©torique et Ă  la subjectivitĂ©, tandis que la science a Ă©tĂ© rattachĂ©e aux faits, au langage clair » [plain language] et Ă  l’objectivitĂ© Clifford et Marcus, 1986, p. 5. Au xviiie siĂšcle, le terme science sociale Ă©tait introduit par le marquis de Condorcet. Ce dernier soutenait que la connaissance de la vĂ©ritĂ© » [knowledge of the truth] serait simple » et l’erreur presque impossible » si l’on utilisait un langage prĂ©cis pour parler des enjeux moraux et sociaux citĂ© dans Levine, 1985, p. 6. La littĂ©rature et la science se sont dĂšs lors Ă©rigĂ©es en deux domaines distincts au xixe siĂšcle. La littĂ©rature s’est alignĂ©e sur l’ art » et la culture » ; elle contenait les valeurs du goĂ»t, de l’esthĂ©tique, de l’éthique, de l’humanitĂ© et de la moralitĂ© »3 Clifford et Marcus, op. cit., p. 6 de mĂȘme que le droit au langage mĂ©taphorique et polysĂ©mique. La science, elle, s’est vu attribuer la croyance selon laquelle ses mots Ă©taient objectifs, prĂ©cis, sans ambiguĂŻtĂ©, dĂ©contextualisĂ©s et littĂ©raux. 4 NDT. Mot-valise formĂ© des mots anglais fact et fiction, difficilement traduisible en français. 5 Citation originale There is no longer any such things as fiction or nonfiction, there is only n ... 11Avec le XXe siĂšcle, les rapports entre l’écriture en sciences sociales et l’écriture littĂ©raire ont gagnĂ© en complexitĂ©. Les prĂ©sumĂ©es dĂ©marcations strictes entre les faits » et la fiction » de mĂȘme qu’entre la vĂ©ritĂ© » et l’ imaginĂ© » se sont estompĂ©es. Cette situation a créé un vif dĂ©bat sur l’écriture destinĂ©e au public, soit, ici, celle du journalisme. Des rĂ©dactrices et rĂ©dacteurs ont commencĂ© Ă  brouiller en toute connaissance de cause les frontiĂšres entre faits et fiction en se mettant dĂ©libĂ©rĂ©ment au cƓur de leurs rĂ©cits. Cette tendance a Ă©tĂ© qualifiĂ©e par Thomas Wolf de nouveau journalisme » pour une discussion approfondie sur le nouveau journalisme, voir Denzin, 1997, chap. 5. À partir des annĂ©es 1970, des croisements » entre des formes d’écriture ont donnĂ© naissance Ă  de nouvelles dĂ©signations de genres relevant de l’oxymore non-fiction crĂ©ative », faction4 », fiction ethnographique », roman non fictionnel » et fiction vraie ». Dans les annĂ©es 1980, le romancier E. L. Doctorow affirmait ceci Il n’existe plus rien de tel que la fiction ou la non-fiction, seulement des rĂ©cits »5 citĂ© dans Fishkin, 1985, p. 7. 12En dĂ©pit du brouillage actuel des genres, et en dĂ©pit du fait que toute Ă©criture est narrative selon notre comprĂ©hension contemporaine, une diffĂ©rence majeure perdure selon moi entre l’écriture fictionnelle et l’écriture scientifique. Il ne s’agit pas de savoir si le texte est une fiction ou une non-fiction ; la distinction renvoie plutĂŽt Ă  ce dont se rĂ©clame l’autrice ou l’auteur. 13DĂ©clarer que son travail est une fiction s’inscrit dans une dĂ©marche rhĂ©torique diffĂ©rente de celle qui consiste Ă  dĂ©clarer qu’il relĂšve des sciences sociales. Les deux genres attirent des publics diffĂ©rents et ont des effets diffĂ©rents sur les publics et le politique — et sur la façon dont il faut Ă©valuer les prĂ©tentions Ă  la vĂ©ritĂ© » d’une personne. Ces diffĂ©rences ne devraient ĂȘtre ni nĂ©gligĂ©es ni minimisĂ©es. 14Nous avons la chance, aujourd’hui, d’Ɠuvrer dans un environnement postmoderne, une Ă©poque oĂč coexistent une multitude de façons de connaĂźtre et de raconter. Le cƓur du postmodernisme repose sur le doute face Ă  toute mĂ©thode ou thĂ©orie, tout discours ou genre, toute tradition ou nouveautĂ© qui se revendiquent de la vĂ©ritĂ© » de maniĂšre universelle et unanime, ou qui estiment produire des connaissances qui seules peuvent faire autoritĂ©. Le postmodernisme soupçonne que toute prĂ©tention de vĂ©ritĂ© » cache et sert des intĂ©rĂȘts particuliers dans des luttes locales, culturelles et politiques. Mais il ne rejette pas pour autant et Ă  tout coup les mĂ©thodes traditionnelles pour connaĂźtre » et raconter » sous prĂ©texte qu’elles seraient fausses ou archaĂŻques. PlutĂŽt, ces standards mĂ©thodologiques pourront ĂȘtre remis en question et de nouvelles mĂ©thodes, ĂȘtre introduites, puis Ă  leur tour critiquĂ©es. 15Dans le contexte de doute caractĂ©ristique du postmodernisme, toutes les mĂ©thodes, sans distinction, sont remises en question. Aucune mĂ©thode ne possĂšde de statut privilĂ©giĂ©. Une posture postmoderne nous permet de connaĂźtre quelque chose » sans prĂ©tendre tout connaĂźtre. Un savoir partiel, local et historique demeure un savoir. D’une certaine maniĂšre, connaĂźtre » est alors plus facile, car le postmodernisme reconnaĂźt les limites du caractĂšre situĂ© de la personne qui connaĂźt. Les autrices et auteurs en recherche qualitative sont pour ainsi dire tirĂ©s d’affaire. Elles et ils n’ont pas Ă  jouer Ă  Dieu, Ă  Ă©crire tels des narratrices et narrateurs omniscients et dĂ©sincarnĂ©s prĂ©tendant possĂ©der un savoir intemporel et universel. Elles et ils peuvent renoncer au mĂ©tanarratif discutable de l’objectivitĂ© scientifique tout en ayant amplement Ă  dire en tant que locutrices et locuteurs situĂ©s, leurs subjectivitĂ©s Ă©tant engagĂ©es Ă  connaĂźtre/Ă  raconter le monde tel qu’elles et ils le perçoivent. 16Le poststructuralisme est une forme de la pensĂ©e postmoderne que j’estime particuliĂšrement utile pour l’emploi de cette perspective dans un contexte de recherche, voir Davies, 1999. Il met en rapport le langage, la subjectivitĂ©, l’organisation sociale et le pouvoir. L’élĂ©ment-clĂ©, ici, est le langage. Le langage ne reflĂšte » pas la rĂ©alitĂ© sociale, mais produit du sens et crĂ©e la rĂ©alitĂ© sociale. Par des moyens qui ne sont ni rĂ©ductibles ni mutuellement exclusifs, diffĂ©rents langages et diffĂ©rents discours Ă  l’intĂ©rieur d’une mĂȘme langue structurent le monde et lui donnent du sens. Le langage, c’est la façon dont l’organisation sociale et le pouvoir sont dĂ©finis et contestĂ©s et le lieu oĂč le sentiment identitaire d’une personne — sa subjectivitĂ© — se construit. Comprendre le langage comme un ensemble de discours concurrents — comme diverses façons de faire sens et d’organiser le monde — fait du langage un lieu d’exploration et d’affrontements. 17Le langage ne dĂ©coule pas de notre individualitĂ© ; plutĂŽt, il permet Ă  notre subjectivitĂ© de se construire de maniĂšre spĂ©cifique sur les plans historique et local. Ce que signifie pour nous une chose dĂ©pend des discours auxquels nous avons accĂšs. Par exemple, la façon dont une femme battue par son conjoint en fait l’expĂ©rience variera selon la nature des discours sur la normalitĂ© du mariage », le droit du mari » ou la femme battue » dans lesquels elle baigne. Si une femme perçoit la violence masculine comme Ă©tant normale ou comme relevant des droits du conjoint, il est peu probable qu’elle se considĂšre comme une victime de violence conjugale, une marque de pouvoir pourtant illĂ©gitime qui ne devrait ĂȘtre tolĂ©rĂ©e. De la mĂȘme maniĂšre, si un homme est exposĂ© au discours des sĂ©vices sexuels subis durant l’enfance », il pourrait se rappeler les expĂ©riences traumatiques qu’il a vĂ©cues en les catĂ©gorisant autrement. L’expĂ©rience et la mĂ©moire sont par consĂ©quent ouvertes Ă  des interprĂ©tations contradictoires gouvernĂ©es par des intĂ©rĂȘts sociaux et les discours dominants. L’individu est Ă  la fois le lieu et le sujet de ces luttes discursives et de ces discours qui s’opposent dans de nombreux domaines. Sa subjectivitĂ© est changeante et contradictoire elle n’est ni stable, ni fixĂ©e, ni rigide. 18Le poststructuralisme, dĂšs lors, pointe vers la cocrĂ©ation continue du soi et des sciences sociales ; tous deux se comprennent l’un Ă  travers l’autre. Se connaĂźtre soi-mĂȘme et connaĂźtre un sujet, cela renvoie Ă  des savoirs imbriquĂ©s, partiels, historiques et locaux. Le poststructuralisme, par consĂ©quent, nous permet de nous interroger sur notre mĂ©thode — voire nous y invite ou nous y incite — et d’explorer de nouvelles façons de connaĂźtre. Plus spĂ©cifiquement, il suggĂšre deux idĂ©es fondamentales pour les autrices et auteurs en recherche qualitative. 19PremiĂšrement, il nous commande d’adopter une posture rĂ©flexive, de prendre conscience que nous Ă©crivons Ă  partir de lieux spĂ©cifiques, Ă  des moments donnĂ©s. DeuxiĂšmement, il nous dĂ©lie de l’obligation d’écrire un seul et unique texte dans lequel tout devrait ĂȘtre dit, Ă  l’intention de toutes et tous. En nourrissant la singularitĂ© de nos voix, nous nous libĂ©rons de l’emprise sĂ©vĂšre qu’a l’ Ă©criture scientifique » sur notre conscience et de l’arrogance qu’elle dĂ©ploie sur notre psychĂ©. L’écriture est validĂ©e comme mĂ©thode de production du savoir. Ethnographie CAP 6 NDT. L’expression originale en anglais est CAP [creative analytical processes] ethnographies ». N ... 20À la suite des critiques postmodernes — y compris celles du poststructuralisme, du fĂ©minisme, du mouvement queer et de la critical race theory — des pratiques d’écriture qualitative traditionnelles, les sacro-saintes conventions d’écriture en sciences sociales ont Ă©tĂ© contestĂ©es. Le genre ethnographique s’est Ă©largi, transformĂ© et complexifiĂ© grĂące aux diffĂ©rents formats de textes adoptĂ©s par les chercheuses et chercheurs qui souhaitaient joindre un plus large public. Ces ethnographies ont en commun d’avoir Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es selon des pratiques analytiques crĂ©atives. Je les appelle les ethnographies CAP [processus analytiques crĂ©atifs]6 ». Cette Ă©tiquette peut inclure de nouveaux, de futurs et mĂȘme d’anciens travaux, du moment oĂč l’autrice ou l’auteur se dĂ©gage des normes d’écriture traditionnelles en sciences sociales. Les ethnographies CAP ne sont ni des formes alternatives ni des formes expĂ©rimentales ; elles constituent, d’elles-mĂȘmes et en elles-mĂȘmes, des reprĂ©sentations du social valides et souhaitables. Dans un avenir rapprochĂ©, ces ethnographies pourraient d’ailleurs trĂšs bien devenir les reprĂ©sentations Ă  privilĂ©gier en raison de l’engagement qu’elles suscitent et parce qu’elles ouvrent la porte Ă  des façons de penser le social qui, pour l’instant, nous Ă©chappent. 21L’ethnographie CAP donne lieu Ă  des pratiques Ă  la fois analytiques et crĂ©atives. Toutes croyances selon lesquelles l’ analyse » et la crĂ©ativitĂ© » ne peuvent ĂȘtre que contradictoires et incompatibles sont dĂ©passĂ©es. Elles sont condamnĂ©es Ă  l’extinction. Voyez l’évolution, la prolifĂ©ration et la diversitĂ© des espĂšces » ethnographiques autoethnographie, fiction, poĂ©sie, théùtre, théùtre des lectrices/lecteurs, rĂ©cits d’écriture, aphorismes, textes stratifiĂ©s, conversations, lettres, textes polyvocaux, comĂ©dies, satires, allĂ©gories, textes visuels, hypertextes, expositions musĂ©ales, dĂ©couvertes chorĂ©graphiĂ©es, performances, pour ne nommer que certaines des catĂ©gories discutĂ©es dans ce recueil [The SAGE Handbook of Qualitative Research, 2005]. Ces nouvelles espĂšces » d’écriture qualitative s’adaptent au monde politique/social dans lequel nous vivons un monde fait d’incertitudes. Avec leurs nombreuses possibilitĂ©s de prĂ©sentation et de publication, les ethnographies CAP annoncent un changement de paradigme Ellis et Bochner, 1996. 22Au sein des ethnographies CAP, le processus d’écriture et le produit de l’écriture sont intimement liĂ©s ; ils sont tous deux favorisĂ©s. Le produit ne peut ĂȘtre sĂ©parĂ© ni de la personne productrice, ni du mode de production, ni de la mĂ©thode de connaissance. Puisque les ethnographies traditionnelles aussi bien que les ethnographies CAP sont rĂ©alisĂ©es en Ă©tant habitĂ©es par le doute » propre au postmodernisme, les lectrices et lecteurs et les relectrices et relecteurs souhaitent savoir et ont le droit de savoir selon quels principes les chercheuses et chercheurs prĂ©tendent possĂ©der les connaissances qu’elles et ils possĂšdent. Quelle posture adoptent les autrices et auteurs en tant que personnes connaissant » et racontant » ? Ces questions posent des enjeux, tous entrelacĂ©s, d’un cĂŽtĂ©, de reprĂ©sentation et, de l’autre, de subjectivitĂ©, d’autoritĂ©, d’authorship, de rĂ©flexivitĂ© et de processus. 23Le postmodernisme soutient que notre Ă©criture est toujours partielle, locale et situĂ©e, et que notre voix est toujours prĂ©sente, peu importe les efforts que nous dĂ©ployons pour la supprimer — du moins en partie, car nous rĂ©primons forcĂ©ment une part de nous-mĂȘmes en Ă©crivant. Partir de ce principe libĂšre notre Ă©criture, nous permet de convoquer une variĂ©tĂ© de formes — de dire et de redire. Comprendre comme il faut » est impossible ; on peut seulement comprendre » les contours et les nuances de diffĂ©rentes maniĂšres. En faisant appel Ă  des pratiques analytiques crĂ©atives, les ethnographes acquiĂšrent des connaissances sur des objets comme sur eux-mĂȘmes qui seraient autrement demeurĂ©es insaisissables et inimaginables si elles et ils n’avaient fait appel qu’à des processus analytiques, des mĂ©taphores et des formes d’écriture traditionnelles. 24La recherche traditionnelle valorise la triangulation ». Pour une discussion sur la mĂ©thode de triangulation, voir Denzin, 1978. Pour une mise en pratique de cette mĂ©thode, voir Statham, Richardson et Cook, 1991. La chercheuse ou le chercheur qui fait appel Ă  la triangulation utilise pour ce faire diffĂ©rentes mĂ©thodes entrevues, donnĂ©es de recensement, documents, etc. afin de valider ses rĂ©sultats. Ces mĂ©thodes, cependant, reposent sur les mĂȘmes prĂ©supposĂ©s, dont celui qu’il existerait un point fixe » ou un objet » pouvant ĂȘtre triangulĂ©. Avec les ethnographies CAP, les chercheuses et chercheurs s’inspirent des genres littĂ©raires, artistiques et scientifiques, transgressant par ailleurs souvent les codes de ces genres. ProcĂ©dant de ce qui me paraĂźt ĂȘtre une dĂ©construction postmoderne de la triangulation, le texte CAP reconnaĂźt que le monde ne peut simplement ĂȘtre apprĂ©hendĂ© de trois cĂŽtĂ©s ». Nous ne triangulons pas, nous cristallisons. 25Je suggĂšre qu’en matiĂšre de validitĂ© », l’imaginaire central des textes postmodernes ne repose pas sur le triangle — un objet rigide, fixĂ© et bidimensionnel —, mais sur le cristal. Le cristal combine symĂ©trie et matiĂšre avec une infinitĂ© de formes, de substances, de multidimensionnalitĂ©s, d’angles et d’approches. Les cristaux se dĂ©veloppent, se transforment, sont altĂ©rĂ©s, mais ne sont pas amorphes. Ces prismes reflĂštent des externalitĂ©s et se rĂ©fractent en eux, ce qui crĂ©e un jeu de couleurs, de modĂšles et d’assemblages qui se dĂ©ploient dans plusieurs directions. Ce que nous voyons dĂ©pend de notre inclinaison ; il ne s’agit donc pas de triangulation, mais de cristallisation. Avec les textes CAP, nous passons de la gĂ©omĂ©trie plane Ă  la thĂ©orie de la lumiĂšre, oĂč la lumiĂšre est Ă  la fois ondulations et particules. 26Travels With Ernest Crossing the Literary/Sociological Divide Richardson et Lockridge, 2004 est un exemple rĂ©cent de pratiques de cristallisation. Cet ouvrage repose sur une carte de voyages par exemple, la Russie, l’Irlande, Beyrouth, Copenhague, Sedona, la plage de Saint-PĂ©tersbourg que j’ai rĂ©alisĂ©s avec mon mari, Ernest Lockridge, romancier et professeur d’anglais. Nous avons tous deux fait l’expĂ©rience des mĂȘmes lieux, mais les avons rĂ©fractĂ©s Ă  travers nos propres regard professionnel, genre, sensibilitĂ©s, expĂ©riences de vie ou dĂ©sirs Ă©motionnels et spirituels. AprĂšs avoir chacun et de maniĂšre indĂ©pendante rĂ©digĂ© un compte rendu narratif de nos voyages — un essai personnel —, nous avons Ă©changĂ© et lu nos Ă©crits, puis entamĂ© une vaste conversation enregistrĂ©e et transcrite sur les lignes disciplinaires qui traversent l’écriture, l’éthique, la notion d’authorship, la collaboration, le tĂ©moignage, les faits/la fiction, les publics et les relations, de mĂȘme que le croisement entre l’observation et l’imagination. Les pĂ©riples de voyage, ainsi, sont physiques, Ă©motionnels et intellectuels. 27Le processus collaboratif modĂ©lisĂ© dans Travels with Ernest fait honneur au caractĂšre distinct de chacune de nos voix, explore les limites de l’observation et de l’imagination, du tĂ©moignage et de la remise en rĂ©cit, de la mĂ©moire et de la remĂ©moration, et atteste de la valeur de la cristallisation. Je demeure une sociologue ; il demeure un romancier. Aucun de nous deux n’abandonne sa vision fondamentale du monde. À travers notre processus collaboratif, nous avons cependant dĂ©couvert maintes choses Ă  propos de nous notre relation, nos rapports avec nos familles, notre travail et notre Ă©criture que nous n’aurions pu dĂ©couvrir autrement. Par exemple, nous avons compris que nous souhaitions que le dernier pan de notre ouvrage fasse rupture avec le format d’écriture du livre, que nous voulions explorer d’autres possibilitĂ©s. De notre conversation — et de ses multiples interruptions —, nous avons Ă©laborĂ© un scĂ©nario de film campĂ© dans notre Grande cuisine amĂ©ricaine. Nous aimions particuliĂšrement que la mĂ©thode collaborative dĂ©ployĂ©e dans notre texte soit ouverte Ă  toutes et Ă  tous. Il s’agissait d’une Ă©criture stratĂ©gique qui permettait de transgresser les hiĂ©rarchies Ă©tablies entre la chercheuse ou le chercheur et ce qui fait l’objet de la recherche, entre l’étudiante ou l’étudiant et la personne qui lui enseigne. 28La cristallisation, sans perdre sa structure, permet de dĂ©construire notre conception traditionnelle de la validitĂ© ». Elle nous permet de rĂ©flĂ©chir Ă  l’absence de vĂ©ritĂ© unique et de comprendre comment les textes se valident entre eux. La cristallisation nous apporte une comprĂ©hension profonde, complexe et tout Ă  fait partielle de notre objet d’étude. Nos connaissances s’élargissent, mais, paradoxalement, nous doutons du mĂȘme coup de ces connaissances, car nous savons qu’il y a encore et toujours davantage Ă  connaĂźtre. Évaluer les ethnographies CAP 29Parce que les fondements Ă©pistĂ©mologiques de l’ethnographie CAP se distinguent de ceux des sciences sociales traditionnelles, le dispositif conceptuel par lequel les ethnographies CAP peuvent ĂȘtre Ă©valuĂ©es varie. Bien que nous soyons libres de prĂ©senter nos textes sous diverses formes afin de joindre des publics variĂ©s, des contraintes liĂ©es Ă  la rĂ©flexivitĂ© surviennent dĂšs lors que sont faites des revendications d’authorship, d’autoritĂ©, de vĂ©ritĂ©, de validitĂ© et de fiabilitĂ©. La rĂ©flexivitĂ© nous fait prendre conscience d’une partie des vues politiques/idĂ©ologiques complexes qui se dissimulent sous notre Ă©criture. Avoir la libertĂ© de jouer avec la forme textuelle ne garantit pas un meilleur produit. Les occasions d’écrire des textes qui en valent vraiment la peine — des livres et des articles qui sont de bonnes lectures » — sont multiples et stimulantes, mais exigeantes. Il s’agit lĂ  d’un travail plus difficile, qui offre des garanties limitĂ©es. Bref, nous avons encore beaucoup Ă  faire. 30L’un des principaux enjeux est celui des critĂšres d’évaluation. Comment juger de la valeur d’un travail ethnographique, qu’il soit nouveau ou traditionnel ? Les ethnographes de bonne volontĂ© seront prĂ©occupĂ©es et prĂ©occupĂ©s par la façon dont le travail de leurs Ă©tudiantes et Ă©tudiants sera Ă©valuĂ© si elles et ils optent pour une ethnographie CAP. Je n’ai aucune rĂ©ponse dĂ©finitive Ă  leur fournir pour apaiser leurs esprits, mais j’ai nĂ©anmoins quelques idĂ©es et prĂ©fĂ©rences. 31Je conçois le projet ethnographique comme humainement situĂ©, toujours filtrĂ© par le regard humain et les perceptions humaines, et portant les limites comme les forces des sentiments humains. La superstructure scientifique s’inscrit toujours au fondement des activitĂ©s, des croyances et des conceptions des humains. Je souligne Ă  grands traits que l’ethnographie se construit au travers des pratiques de recherche. Celles-ci sont engagĂ©es dans la poursuite d’un entendement plus vaste. La science propose diverses pratiques la littĂ©rature, les arts crĂ©atifs, le travail de mĂ©moire Davies et al., 1997, l’introspection Ellis, 1991 et le dialogue Ellis, 2004. Les chercheuses et chercheurs peuvent ainsi choisir parmi plusieurs pratiques de recherche et ne devraient pas ĂȘtre assujettis aux habitudes de pensĂ©e des autres. 32Je crois qu’il importe d’apprĂ©cier toute ethnographie CAP en fonction des plus hauts standards ; la simple nouveautĂ© ne suffit pas. Voici quatre des critĂšres que j’utilise pour Ă©valuer des articles ou des monographies soumis pour publication en sciences sociales Contribution significative. Ce texte contribue-t-il Ă  notre comprĂ©hension de la vie sociale ? Est-ce que l’autrice ou l’auteur fait la dĂ©monstration d’une perspective scientifique sociale profondĂ©ment ancrĂ©e voire intĂ©grĂ©e ? Ce texte paraĂźt-il vrai » — est-il un compte rendu crĂ©dible d’un rĂ©el » culturel, social, individuel ou qui relĂšve du sens commun ? Pour des suggestions permettant de rĂ©pondre Ă  ce critĂšre, voir la partie 3. MĂ©rite esthĂ©tique. Les standards ne sont pas rĂ©duits ; un autre standard est ajoutĂ©. Ce texte est-il rĂ©ussi sur le plan esthĂ©tique ? L’utilisation de pratiques analytiques crĂ©atives gĂ©nĂšre-t-elle un texte ouvert et incite-t-elle Ă  l’interprĂ©tation ? Le texte est-il artistique, satisfaisant, complexe et captivant ? RĂ©flexivitĂ©. En quoi la subjectivitĂ© de l’autrice ou de l’auteur a-t-elle Ă©tĂ© productrice et produit du texte Ă©crit ? Est-ce que l’autrice ou l’auteur est conscient de sa posture et est-ce qu’elle ou il se dĂ©voile suffisamment pour que la lectrice ou le lecteur puisse saisir la valeur des points de vue formulĂ©s ? L’autrice ou l’auteur se tient-elle ou il responsable des normes de connaissance et de transmission des connaissances des personnes au cƓur de son Ă©tude ? PortĂ©e. Ce texte me touche-t-il sur les plans Ă©motionnel et intellectuel ? GĂ©nĂšre-t-il de nouvelles questions ? Me stimule-t-il Ă  Ă©crire ? M’encourage-t-il Ă  explorer de nouvelles pratiques de recherche ou Ă  me mettre en action ? 33Voici quatre de mes critĂšres. La science est une lunette, les arts crĂ©atifs en sont une autre. Notre perception du monde gagne en profondeur lorsque nous utilisons les deux. Je veux regarder au travers de ces deux lunettes pour saisir une forme d’art des sciences sociales » une forme de reprĂ©sentation radicalement interprĂ©tative. 7 NDT. Le terme race, tel qu’il est utilisĂ© par l’autrice dans le texte original, est apprĂ©hendĂ© au s ... 34Ce dĂ©sir n’est pas seulement le mien. J’ai constatĂ© que plusieurs Ă©tudiantes et Ă©tudiants issus de divers milieux sociaux ou de cultures marginalisĂ©es sont Ă©galement attirĂ©s par cette vision du monde social Ă  deux lunettes. Plusieurs trouvent l’ethnographie CAP attirante et se joignent Ă  la communautĂ© qualitative. Plus cela se produit, plus nous en tirons toutes et tous profit. Les implications de race7 et de genre sont mises en Ă©vidence non pas pour ĂȘtre politiquement correctes », mais parce que ces questions sont des axes Ă  partir desquels les mondes symboliques et actuels ont Ă©tĂ© construits. Les personnes issues des groupes non dominants le savent et peuvent s’assurer que cette connaissance est respectĂ©e cf. Margolis et Romero, 1998. L’effacement des frontiĂšres des sciences humaines et sociales serait accueilli favorablement non pas parce qu’il rĂ©pondrait Ă  une tendance », mais parce qu’il s’accorderait au sens de la vie et au style d’apprentissage de bon nombre de personnes. Cette nouvelle communautĂ© qualitative, Ă  travers sa posture thĂ©orique, ses pratiques analytiques et ses membres aux origines diversifiĂ©es, pourrait dĂ©passer les cadres du milieu universitaire et nous en apprendre davantage sur les injustices sociales et les façons d’y remĂ©dier. Parmi les chercheuses et chercheurs qualitatifs, qui ne se sentirait pas enrichi par l’appartenance Ă  une communautĂ© aussi invitante et diversifiĂ©e ? L’écriture prend de nouvelles formes, se centre sur l’autrice, l’auteur, devient moins lassante et plus humble. Ce sont lĂ  des occasions Ă  saisir. Certaines personnes accordent mĂȘme Ă  leur travail un caractĂšre spirituel. RĂ©cits d’écriture et rĂ©cits personnels 35La vie ethnographique ne peut ĂȘtre sĂ©parĂ©e du soi. Ce que nous sommes et ce que nous pouvons ĂȘtre — ce que nous pouvons Ă©tudier, notre façon d’écrire sur ce que nous Ă©tudions — sont liĂ©s Ă  la maniĂšre qu’a un rĂ©gime de connaissances de se discipliner et de discipliner ses membres, de mĂȘme qu’aux mĂ©thodes que ce rĂ©gime emploie pour faire autoritĂ© tant sur l’objet de recherche que sur ses membres. 36Nous avons hĂ©ritĂ© de rĂšgles ethnographiques arbitraires, rĂ©ductrices, excluantes, dĂ©formantes et aliĂ©nantes. Notre tĂąche est de dĂ©finir des pratiques concrĂštes qui nous permettront de faire de nous des sujets Ă©thiques, engagĂ©s dans une ethnographie Ă©thique inspirante pour la lecture et l’écriture. 8 En français dans le texte. 37Certaines de ces pratiques comportent de travailler avec des schĂ©mas thĂ©oriques par exemple, la sociologie de la connaissance, le fĂ©minisme, la critical race theory, le constructivisme, le poststructuralisme qui remettent en question les motifs de l’autoritĂ© ; d’écrire sur des sujets qui importent sur le plan tant personnel que collectif ; de faire l’expĂ©rience de la jouissance8 ; d’explorer simultanĂ©ment diffĂ©rentes formes d’écriture et de publics ; de se situer dans de multiples discours et communautĂ©s ; de dĂ©velopper un regard critique ; de trouver des façons d’écrire, de prĂ©senter, d’enseigner moins hiĂ©rarchiques et moins univoques ; de rĂ©vĂ©ler les secrets institutionnels ; d’utiliser des postures d’autoritĂ© pour accroĂźtre la diversitĂ© aussi bien dans le corps professoral universitaire que dans les publications scientifiques ; de s’engager dans l’autorĂ©flexivitĂ© ; de cĂ©der Ă  la synchronicitĂ© ; de se demander ce que l’on veut ; de faire face Ă  ce vers quoi notre Ă©criture nous mĂšnera sur les plans Ă©motionnel ou spirituel ; et d’honorer le caractĂšre incarnĂ© et situĂ© de son travail. 38Cette derniĂšre pratique — honorer le lieu du soi — nous encourage Ă  construire ce que je nomme des rĂ©cits d’écriture » [writing stories]. Il s’agit de rĂ©cits qui positionnent notre Ă©criture au sein de notre vie en prenant en considĂ©ration, par exemple, les contraintes disciplinaires, les dĂ©bats universitaires, les politiques dĂ©partementales, les mouvements sociaux, les structures collectives, nos intĂ©rĂȘts de recherche, nos liens familiaux et notre histoire personnelle. Ils permettent Ă  la rĂ©flexivitĂ© critique de l’écriture du soi dans diffĂ©rents contextes de s’inscrire au sein d’une pratique analytique d’écriture indispensable. Ils soulĂšvent de nouvelles questions concernant le soi et le sujet Ă  l’étude ; ils nous rappellent que notre travail est incarnĂ©, contextuel et rhizomatique ; et ils dĂ©mystifient le processus de recherche et d’écriture et aident les autres Ă  en faire autant. GrĂące Ă  ces histoires, des parties auparavant inaccessibles de notre soi peuvent Ă©merger, des blessures peuvent se guĂ©rir, notre sens du soi peut s’affiner, notre identitĂ© mĂȘme peut se transformer. 39Dans Fields of Play Constructing an Academic Life Richardson, 1997, j’ai largement utilisĂ© les rĂ©cits d’écriture pour contextualiser mes dix annĂ©es de travail sociologique, crĂ©ant ainsi un texte plus conforme Ă  la comprĂ©hension poststructuraliste du caractĂšre situĂ© de la connaissance. En organisant mes articles et mes essais de maniĂšre chronologique, selon l’ordre dans lequel ils avaient Ă©tĂ© Ă©crits, je les ai classĂ©s en deux piles Ă  conserver » et Ă  rejeter ». Lorsque j’ai relu mon premier texte conservĂ©, une allocution prĂ©sidentielle pour la North Central Sociological Association, je me suis rappelĂ© avoir Ă©tĂ© traitĂ©e avec condescendance, avoir Ă©tĂ© marginalisĂ©e et punie par le doyen et le directeur de mon dĂ©partement pour ce discours. ImprĂ©gnĂ©e de ce souvenir, j’ai rĂ©alisĂ© un rĂ©cit d’écriture sur le dĂ©calage qui existe entre ma vie dĂ©partementale et ma rĂ©putation au sein de ma discipline. Écrire cette histoire n’a pas Ă©tĂ© chose facile sur le plan Ă©motionnel. J’ai Ă©tĂ© de nouveau habitĂ©e par des expĂ©riences terribles, mais leur mise en rĂ©cit m’a libĂ©rĂ©e de la colĂšre et de la douleur qui leur Ă©taient associĂ©es. Plusieurs universitaires ayant par la suite lu ce texte y ont reconnu des expĂ©riences similaires — leurs histoires jamais racontĂ©es. 40J’ai repassĂ© dans l’ordre la pile des Ă  conserver », relisant et mettant ensuite sur papier le rĂ©cit de cette expĂ©rience de relecture les diffĂ©rentes facettes, les diffĂ©rents contextes. Pour certains rĂ©cits, j’ai dĂ» retourner Ă  mes journaux de bord et Ă  mes documents ; la plupart du temps, ce n’était toutefois pas nĂ©cessaire. Certaines histoires Ă©taient douloureuses et m’ont pris un temps fou Ă  rĂ©diger, mais leur Ă©criture a desserrĂ© l’emprise ombrageuse qu’elles avaient sur moi. D’autres, encore, ont Ă©tĂ© heureuses et m’ont rappelĂ© la chance que j’avais d’avoir des amies et amis, des collĂšgues et une famille. 41Les rĂ©cits d’écriture nous sensibilisent aux consĂ©quences potentielles de l’ensemble de nos Ă©crits, car ils nous ramĂšnent Ă  l’éthique de la reprĂ©sentation. Les rĂ©cits d’écriture ne portent pas sur des personnes ou des cultures lĂ -bas » — des sujets ou des objets ethnographiques ; plutĂŽt, ils portent sur nous nos espaces de travail, nos disciplines, nos amitiĂ©s et notre famille. Que pouvons-nous dire et avec quelles consĂ©quences ? Les rĂ©cits d’écriture sont risquĂ©s et peuvent ĂȘtre bouleversants, ils nous rapprochent » de la reprĂ©sentation ethnographique et la rendent personnelle ». 42Chaque rĂ©cit d’écriture offre l’occasion Ă  son autrice ou Ă  son auteur de prendre une dĂ©cision Ă©thique situĂ©e et pragmatique concernant la publication ou non de son rĂ©cit et le lieu de publication. En gĂ©nĂ©ral, je ne vois aucun problĂšme Ă©thique Ă  publier des rĂ©cits qui reflĂštent les abus de pouvoir ; je considĂšre les dommages causĂ©s par celles et ceux qui abusent comme bien plus grands que les dĂ©sagrĂ©ments que pourraient leur apporter mes rĂ©cits. Par opposition, l’idĂ©e de publier des rĂ©cits impliquant les membres de ma famille immĂ©diate est pour moi plus contraignante. Je vĂ©rifie le contenu de mes rĂ©cits avec eux. Dans le cas de membres de ma famille Ă©loignĂ©e, je modifie leurs prĂ©noms et les caractĂ©ristiques qui permettent de les reconnaĂźtre. Je garde aussi pour moi certains de mes Ă©crits plus rĂ©cents qui pourraient nuire sĂ©rieusement Ă  la paix familiale » et les mets de cĂŽtĂ©, espĂ©rant qu’un jour je trouverai une façon de les rendre publics. 9 En français dans le texte. 43Dans une section de Fields of Play Richardson, 1997, je raconte deux rĂ©cits entremĂȘlĂ©s d’ Ă©criture illĂ©gitime ». L’un de ces rĂ©cits est une reprĂ©sentation poĂ©tique de mon entrevue avec Louisa May, une mĂšre non mariĂ©e. L’autre est le rĂ©cit de cette recherche comment j’ai Ă©crit ce poĂšme, sa diffusion, sa rĂ©ception et les consĂ©quences qu’il a eues sur moi. Il existe une multitude d’illĂ©gitimitĂ©s dans ces rĂ©cits un enfant conçu hors mariage ; la reprĂ©sentation poĂ©tique de rĂ©sultats » de recherche ; une voix fĂ©minine en sciences sociales ; une recherche ethnographique sur des ethnographes et une reprĂ©sentation théùtrale de cette recherche ; la prĂ©sence Ă©motionnelle de la personne qui Ă©crit ; et un travail effrĂ©nĂ© de jouissance9. 44J’ai d’abord pensĂ© que l’histoire de cette recherche Ă©tait complĂšte, pas forcĂ©ment l’unique version possible, mais une qui, du moins, reflĂ©tait raisonnablement, honnĂȘtement et sincĂšrement ce que mes expĂ©riences de recherche avaient Ă©tĂ©. Je le crois toujours. Cela Ă©tant dit, j’ai dĂ» le reconnaĂźtre avec le temps, les expĂ©riences biographiques personnelles qui m’avaient amenĂ©e Ă  Ă©crire cette histoire manquaient toujours. 45J’ai Ă©ventuellement compris que l’idĂ©e d’ illĂ©gitimitĂ© » avait eu une forte emprise sur moi. Dans mon journal de recherche, j’écrivais ainsi Ma carriĂšre en sciences sociales pourrait ĂȘtre perçue comme une longue aventure dans l’illĂ©gitimitĂ©. » Je me suis demandĂ© pour quelle raison j’étais attirĂ©e par l’écriture de textes illĂ©gitimes », y compris le texte de ma vie universitaire. Quel est donc ce combat que j’entretiens avec le monde universitaire — Ă  la fois en faire partie et m’y opposer ? En quoi mon histoire ressemble-t-elle aux histoires de celles et ceux qui ont du mal Ă  se comprendre, qui luttent pour retrouver leur soi supprimĂ©, pour agir Ă©thiquement, et en quoi s’en distingue-t-elle ? 46RĂ©fractant l’ illĂ©gitimitĂ© » au moyen d’allusions, d’aperçus et de regards plus vastes, j’en suis venue Ă  Ă©crire un essai personnel, Vespers », le dernier de Fields of Play Richardson, 1997. Avec Vespers », j’ai situĂ© ma vie universitaire dans des expĂ©riences et des souvenirs d’enfance, j’ai approfondi ma connaissance de moi-mĂȘme, et le texte a trouvĂ© un Ă©cho chez d’autres personnes issues du milieu universitaire. Vespers » a Ă©galement produit sa propre rĂ©fraction il m’a donnĂ© le dĂ©sir, la force et une connaissance de moi-mĂȘme suffisante pour me permettre d’entreprendre la mise en rĂ©cit d’autres souvenirs et expĂ©riences ; il m’a donnĂ© une agentivitĂ© renouvelĂ©e et m’a permis de me reconstruire, pour le meilleur et pour le pire. 47Les rĂ©cits d’écriture et les rĂ©cits personnels deviennent sans cesse davantage la façon par laquelle je fais sens du monde, par laquelle les expĂ©riences biographiques qui sont les miennes s’insĂšrent dans un contexte sociohistorique plus large. En utilisant l’écriture comme mĂ©thode de dĂ©couverte, conjointement Ă  ma relecture fĂ©ministe de la pensĂ©e deleuzienne, je suis passĂ©e de Comment Ă©crire dans le contexte de la crise de la reprĂ©sentation ? », ma premiĂšre question d’écriture, Ă  Comment documenter le devenir ? ». 48Comme les flĂšches de ZĂ©non, je n’atteindrai jamais une destination une destinĂ©e ?. Contrairement Ă  ZĂ©non, toutefois, plutĂŽt que de me concentrer sur l’arrivĂ©e d’un parcours qui n’a pas de fin, je porte mon attention sur les maniĂšres dont les flĂšches sont construites, sur leur position dans le carquois et sur la position — dĂ©calage et repositionnement — du carquois dans le monde. Je conçois les promesses des idĂ©ologies progressistes et des expĂ©riences personnelles comme des ruines Ă  excaver, comme des plis Ă  dĂ©plier, comme des chemins traversant le miasme universitaire. Je suis convaincue que, dans le rĂ©cit ou les rĂ©cits du devenir, nous avons de bonnes chances de dĂ©construire l’idĂ©ologie universitaire sous-jacente — celle qui prĂ©tend qu’ĂȘtre quelque chose par exemple, une professeure qui a du succĂšs, un thĂ©oricien ingĂ©nieux, un maĂźtre acadĂ©micien, une fĂ©ministe covergirl vaut mieux que de devenir. Pour moi, Ă  prĂ©sent, dĂ©couvrir les imbrications complexes entre classe, race, genre, Ă©ducation, religion et autres diversitĂ©s, lesquelles ont façonnĂ© la sociologue que je suis devenue, est une façon pratique de dĂ©tourner les mondes universitaire et autres dans lesquels je vis. Aucun de nous ne sait qu’elle sera son ultime destination, mais nous toutes et tous pouvons reconnaĂźtre les facteurs qui auront une influence dĂ©terminante sur nos vies, facteurs que nous pouvons choisir d’affronter, d’embrasser ou d’ignorer. 49Je ne sais pas comment les autres documenteront leur devenir, mais j’ai choisi des structures qui s’accordent Ă  mon caractĂšre, Ă  mes orientations thĂ©oriques et Ă  ma vie d’autrice. Je grandis » en rĂ©fractant ma vie Ă  travers des lentilles sociologiques, m’associant pleinement Ă  la sociologie » de C. Wright Mills, au croisement du biographique et de l’historique. Je dĂ©couvre que mes prĂ©occupations de justice sociale, informĂ©e par l’appartenance ethnique, la classe, le genre et l’ethnicitĂ©, prennent leur origine dans des expĂ©riences d’enfance. Ces expĂ©riences ont consolidĂ© mes Ă©crits Ă  venir. Comment puis-je donner de la portĂ©e Ă  mon Ă©criture ? Comment puis-je Ă©crire de façon Ă  accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement d’un projet dĂ©mocratique de justice sociale ? 50Je n’ai pas de rĂ©ponses accrocheuses et simples Ă  ces questions. Je sais que lorsque je me plonge dans mon Ă©criture, tant ma compassion envers les autres que mes actions pour les soutenir gagnent en force. Mon Ă©criture me porte vers un espace indĂ©pendant oĂč je perçois avec plus de clartĂ© les interrelations entre et parmi les personnes dans le monde. Peut-ĂȘtre que d’autres autrices et auteurs vivent des expĂ©riences similaires. Peut-ĂȘtre que rĂ©flĂ©chir profondĂ©ment et Ă©crire sur la vie d’autrui nous a menĂ©s, ou nous mĂšnera, Ă  poser des gestes qui permettront de rĂ©duire les iniquitĂ©s entre les personnes ainsi que la violence. Partie 2 l’écriture comme mĂ©thode de recherche nomade Elizabeth Adams St. Pierre 10 NDT. Pour les expressions et les citations provenant d’ouvrages traduits du français vers l’anglais ... 51Il n’est pas innocent que mon Ă©criture sur l’écriture comme mĂ©thode de recherche dans ce texte double apparaisse aprĂšs celle de Laurel Richardson il s’agit d’une trajectoire, d’une ligne de fuite10 » Deleuze et Parnet, 1977, p. 125, qui dĂ©coule du travail de Richardson. Je me propose ici d’effectuer une cartographie de ce qui peut arriver lorsque l’on prend au sĂ©rieux son invitation Ă  penser l’écriture en tant que mĂ©thode de recherche qualitative. J’ai lu une toute premiĂšre Ă©bauche du chapitre intitulĂ© Writing A method of discovery » en 1992, dans un cours de sociologie Richardson y enseignait la recherche et l’écriture postmodernes. Des annĂ©es auparavant, j’avais pour ma part Ă©tĂ© formĂ©e, dans le cadre d’une majeure en anglais, Ă  envisager l’écriture comme le traçage de la pensĂ©e dĂ©jĂ  pensĂ©e, comme le reflet transparent du connu et du rĂ©el — l’écriture comme reprĂ©sentation, comme rĂ©pĂ©tition. J’adopte encore cette approche pour certains publics et Ă  certaines fins, mais, dĂ©sormais, j’emploie principalement l’écriture pour Ă©branler le connu et le rĂ©el — l’écriture comme simulation Baudrillard, 1988/1981, comme rĂ©pĂ©tition subversive » [subversive repetition]Butler, 1990, p. 32. 52Pensant ensemble Richardson et Deleuze, j’ai nommĂ© mon travail dans le milieu universitaire recherche nomade » St. Pierre, 1997a, 1997c [nomadic inquiry]. Une grande partie de ce travail s’accomplit dans l’écriture. Pour moi, l’écriture, c’est la pensĂ©e ; l’écriture, c’est l’analyse, ce qui en fait une mĂ©thode de dĂ©couverte Ă  la fois complexe et sĂ©duisante. Nombre de chercheuses et chercheurs en sciences humaines le savent depuis longtemps, mais c’est Richardson qui a introduit cette conception dans la recherche qualitative en sciences sociales. De fait, elle a contribuĂ© Ă  dĂ©construire la mĂ©thode plaçant ce concept ordinaire de la recherche qualitative sous rature Spivak, 1974, p. xiv, elle l’a ouvert Ă  diffĂ©rents sens. 53Le concept doit certainement ĂȘtre troublĂ©. Il y a deux dĂ©cennies, Barthes Ă©crivait ceci la MĂ©thode devient une Loi », mais la volontĂ© de mĂ©thode [est] finalement stĂ©rile tout est passĂ© dans la mĂ©thode ; il ne reste rien Ă  l’écriture » 1984, p. 392. Il faut donc, disait-il, Ă  un certain moment se retourner contre la mĂ©thode, ou du moins la traiter sans privilĂšge fondateur, comme l’une des voix du pluriel » ibid., p. 393. En d’autres termes, nous devons interroger les limites que nous avons imposĂ©es au concept de mĂ©thode, sans quoi nous limiterons ses potentialitĂ©s dans la production du savoir. 11 Citation originale resources of the old language, the language we already possess and which pos ... 54Il s’agit lĂ  de l’une des leçons du postmodernisme les fondements sont contingents Butler, 1992. En effet, tous les concepts qui dĂ©finissent la recherche qualitative interprĂ©tative traditionnelle, y compris la mĂ©thode, sont contingents. Les postmodernes en ont d’ailleurs dĂ©construit plusieurs, dont les donnĂ©es St. Pierre, 1997b, la validitĂ© Lather, 1993 ; Scheurich, 1993, l’interview Scheurich, 1995, le terrain St. Pierre, 1997c, l’expĂ©rience Scott, 1991, la voix Finke, 1993 ; Jackson, 2003 ; Lather, 2000, la rĂ©flexivitĂ© Pillow, 2003, le rĂ©cit Nespor et Barylske, 1991 et mĂȘme l’ethnographie Britzman,1995 ; Visweswaran, 1994. Cela ne signifie pas que les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes rejettent ces concepts en particulier ni d’autres concepts qui ont Ă©tĂ© dĂ©finis de façon spĂ©cifique par le paradigme interprĂ©tativiste. Ils observent plutĂŽt leurs effets sur les personnes et sur la production du savoir, au cours de dĂ©cennies de recherche, et ils les rĂ©inscrivent de diffĂ©rentes maniĂšres qui, bien sĂ»r, doivent elles aussi ĂȘtre interrogĂ©es. Les chercheuses et chercheurs postmodernes ne rejettent pas non plus nĂ©cessairement les mots en eux-mĂȘmes ; ils continuent d’utiliser, par exemple, les mots mĂ©thode et donnĂ©es. Comme le soulignait Spivak, nous devons travailler avec les ressources du langage, c’est-Ă -dire le langage que nous possĂ©dons dĂ©jĂ  et qui nous possĂšde. Inventer un nouveau mot, c’est courir le risque d’oublier le problĂšme ou de croire qu’il est rĂ©solu11 » op. cit., p. xv. Nous utilisons donc de vieux concepts, mais nous leur demandons d’effectuer un travail diffĂ©rent. Il est intĂ©ressant de noter que c’est prĂ©cisĂ©ment l’incapacitĂ© du langage Ă  fermer le sens du concept qui incite les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes Ă  critiquer la cohĂ©rence prĂ©sumĂ©e de la structure de la recherche qualitative interprĂ©tative traditionnelle. Pour certaines et certains d’entre nous, la reconnaissance que cette structure est et a toujours Ă©tĂ© contingente est, certainement, une bonne nouvelle. Langage et sens 12 Citation originale word and thing or thought never in fact become one ». 55Richardson s’intĂ©resse au travail du langage dans la premiĂšre partie de ce texte. En ce qui me concerne, je dĂ©cris ici plus en dĂ©tail la relation tĂ©nue entre langage et sens afin de poser les assises de la discussion que je propose ensuite concernant la postinterprĂ©tation dans un monde postinterprĂ©tatif. Nous savons qu’un vaste travail de dĂ©construction a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans les sciences sociales depuis le tournant linguistique » Rorty, 1964, le tournant postmoderne » Hassan, 1987, la crise de la lĂ©gitimation » Habermas, 1975/1973 et la crise de la reprĂ©sentation » Marcus et Fischer, 1986, chacun reposant sur une conscience d’un langage qui ne s’oublie pas lui-mĂȘme » Barthes, op. cit., p. 393 ou, comme le souligne Trinh, une conscience qui comprend le langage comme langage » 1989, p. 17. Il y a dĂ©jĂ  plus de 40 ans, Foucault Ă©crivait que le langage n’est pas ce qu’il est parce qu’il a un sens » 1966, p. 36, alors que Derrida thĂ©orisait la diffĂ©rance, montrant ainsi que le sens ne peut ĂȘtre fixĂ© dans le langage, qu’il est constamment diffĂ©rĂ©. Comme l’expliquait Spivak, un mot et une chose, ou une pensĂ©e, ne deviennent jamais un dans les faits12 » op. cit., p. xvi ; par consĂ©quent, le langage ne peut ĂȘtre employĂ© en tant que mĂ©dium transparent qui reflĂšte, reprĂ©sente » et contient le monde. 13 Citation originale the interpretive sciences [that] proceed from the assumption that there is a ... 14 Citation originale the thing itself always escapes ». 56L’idĂ©e selon laquelle le sens n’est pas une propriĂ©tĂ© transportable » [portable property] ibid., p. 1vii, c’est-Ă -dire que le langage ne peut simplement transporter le sens d’une personne Ă  l’autre, Ă©branle la proposition de Husserl pour qui il existerait un niveau de sens prĂ©linguistique un sens pur, un pur signifiĂ©, sens que le langage pourrait exprimer. En cela, les dĂ©marches postmodernes diffĂšrent des sciences interprĂ©tatives, qui procĂšdent de l’hypothĂšse selon laquelle il existe une vĂ©ritĂ© profonde, Ă  la fois connue et cachĂ©e, le travail de l’interprĂ©tation consistant Ă  apporter cette vĂ©ritĂ© au discours13 » Dreyfus et Rabinow, 1982, p. 180. Elles Ă©branlent aussi la croyance en l’idĂ©e que la communication rationnelle et exempte d’interfĂ©rence Habermas, 1984/1981, 1987/1981 — sorte de dialogue transparent pouvant mener au consensus — est possible, mĂȘme souhaitable, alors que le consensus gomme souvent la diffĂ©rence. En outre, la dĂ©claration de Derrida tel que le cite Spivak qui affirme que la chose elle-mĂȘme s’échappe toujours14 » op. cit., p. 1xix jette un doute radical sur et certains pourraient mĂȘme dire qu’elle rend impertinente » l’hypothĂšse hermĂ©neutique selon laquelle nous pouvons, dans les faits, rĂ©pondre Ă  la question ontologique Qu’est-ce que
 ? », question qui fonde de nombreux travaux d’interprĂ©tation. 15 Citation originale brut fact or simple reality ». 16 Citation originale human inabity to tolerate undescribed chaos ». 17 Citation originale condemned to meaning ». 18 Citation originale tirĂ©e de la prĂ©face de Gayatri Chakravorty Spivak dans Of grammatology 1974 ... 57Les postmodernes, aprĂšs le tournant linguistique, ont soutenu que l’interprĂ©tation n’est pas la dĂ©couverte du sens, mais plutĂŽt l’ introduction du sens » [introduction of meaning] Spivak, op. cit., p. xxiii dans le monde. S’il en est ainsi, nous ne pouvons plus apprĂ©hender les mots comme s’ils Ă©taient profondĂ©ment et essentiellement signifiants ni considĂ©rer comme faits bruts ou simples rĂ©alitĂ©s15 » Scott, 1991, p. 26 les expĂ©riences qu’ils tentent de reprĂ©senter. Dans ce cas, l’interprĂ©tant doit assumer le fardeau de la fabrication du sens, qui n’est plus une activitĂ© d’expression neutre relayant simplement le mot au monde. Foucault Ă©crivait par ailleurs que l’interprĂ©tation n’éclaire pas une matiĂšre Ă  interprĂ©ter, qui s’offrirait Ă  elle passivement ; elle ne peut que s’emparer, et violemment, d’une interprĂ©tation dĂ©jĂ  lĂ , qu’elle doit renverser, retourner, fracasser Ă  coups de marteau » 1994/1967, p. 571. Cependant, malgrĂ© les dangers de la rage hermĂ©neutique pour la dĂ©couverte du sens, nous interprĂ©tons sans cesse, peut-ĂȘtre en raison de notre incapacitĂ© humaine Ă  tolĂ©rer le chaos16 » Spivak, op. cit., p. xxiii. À cet Ă©gard, Foucault tel que le citent Dreyfus et Rabinow disait que nous sommes condamnĂ©s au sens17 » op. cit., p. 88. Mais Derrida proposait une autre vision du sens il affirmait que se risquer Ă  ne-rien-vouloir-dire, c’est entrer dans le jeu, et d’abord dans le jeu de la diffĂ©rance qui fait qu’aucun mot, aucun concept, aucun Ă©noncĂ© majeur ne [vient] rĂ©sumer et commander [
] [les] diffĂ©rences » 1972, p. 23-24. Il appelait ce travail de dĂ©construction l’écriture sous rature il s’agit d’ abandonner chaque concept au moment mĂȘme oĂč j’ai besoin de l’utiliser18 » 1967, p. xviii. Pour la recherche qualitative, le fait d’imaginer l’écriture comme un abandon de sens, mĂȘme si le sens prolifĂšre, plutĂŽt que comme une recherche et un confinement du sens, comporte des implications Ă  la fois convaincantes et profondes. 19 Citation originale How do meanings change? How have some meanings emerged as normative and othe ... 20 Citation originale How does discourse function? Where is it to be found? How does it get produ ... 58De toute Ă©vidence, les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes ne peuvent plus considĂ©rer la recherche simplement comme un travail d’interprĂ©tation du sens permettant de concevoir, de comprendre et d’élucider dans son entiĂšretĂ© un phĂ©nomĂšne. Comme je l’ai mentionnĂ© ci-dessus, cela ne signifie pas qu’ils rejettent le sens, mais plutĂŽt qu’ils remettent le sens Ă  sa place. Ils se dĂ©tournent de questions telles que Qu’est-ce que ceci ou cela signifie ? » pour se concentrer sur des questions comme celles posĂ©es par Scott Comment les sens changent-ils ? Comment certains sens se sont-ils avĂ©rĂ©s normatifs, alors que d’autres ont Ă©tĂ© Ă©clipsĂ©s ou sont disparus ? Qu’est-ce que ces processus rĂ©vĂšlent sur la façon dont le pouvoir est constituĂ© et fonctionne ?19 » 1988, p. 35. BovĂ© offre des questions supplĂ©mentaires, et je suggĂšre que nous puissions substituer n’importe quel objet de savoir le mariage, la subjectivitĂ©, l’appartenance ethnique, par exemple au mot discours dans ce qui suit Comment fonctionne le discours ? OĂč se trouve-t-il ? Comment est-il produit et rĂ©gulĂ© ? Quels sont ses effets sociaux ? Comment existe-t-il ?20 » 1990, p. 54. 21 Dans le texte, citation tirĂ©e de Racevskis 1987. 22 Citation originale producing different knowledge and producing knowledge differently ». 59Puisque Richardson et moi aimons particuliĂšrement Ă©crire, nous nous sommes posĂ© toutes ces questions sur l’écriture, et nous en avons posĂ© une autre, que nous estimons provocante qu’est-ce que l’écriture peut faire d’autre que signifier ? Deleuze et Guattari nous orientent lorsqu’ils affirment qu’ Ă©crire n’a rien Ă  voir avec signifier, mais avec arpenter, cartographier, mĂȘme des contrĂ©es Ă  venir » 1980, p. 11. En ce sens, l’écriture devient un terrain de jeu » Richardson, 1997 dans lequel nous pouvons desserrer l’emprise du sens reçu, qui limite notre travail et nos vies, et Ă©tudier dans quelle mesure l’exercice de penser sa propre histoire peut affranchir la pensĂ©e de ce qu’elle pense silencieusement pour lui permettre de penser autrement21 » Foucault, 1984a, p. 15. Le tournant linguistique et la critique postmoderne de l’interprĂ©tativisme ouvrent le concept d’écriture et nous permettent de l’utiliser comme mĂ©thode de recherche, une condition de possibilitĂ© permettant de produire des connaissances diffĂ©rentes et de produire des connaissances diffĂ©remment22 » St. Pierre, 1997b, p. 175. Écrire sous rature une politique et une Ă©thique de la difficultĂ© 60Alors, quel pourrait ĂȘtre le travail de l’écriture en tant que mĂ©thode dans la recherche qualitative postmoderne ? À quoi pourrait ressembler l’écriture sous rature, et comment, Ă  son tour, une telle Ă©criture pourrait-elle réécrire la recherche elle-mĂȘme ? Mes propres expĂ©riences Ă  cet Ă©gard ont Ă©mergĂ© d’un projet de recherche qualitative postmoderne Ă  long terme, qui reposait sur des entretiens avec 36 femmes blanches ĂągĂ©es du Sud, habitant dans ma ville natale, et sur une ethnographie de la petite communautĂ© rurale dans laquelle elles vivent St. Pierre, 1995. Je tiens Ă  rappeler que cette recherche n’était pas conçue pour accomplir un travail d’interprĂ©tation, c’est-Ă -dire pour rĂ©pondre aux questions Qui sont ces femmes ? » et Que sont-elles ? ». Je n’ai jamais prĂ©sumĂ© que j’arriverais Ă  connaĂźtre ou Ă  comprendre ces femmes — Ă  dĂ©couvrir leur voix authentique et leur nature essentielle, puis Ă  les reprĂ©senter par une description riche et dĂ©taillĂ©e. Je me suis plutĂŽt donnĂ© comme double tĂąche 1 d’utiliser le postmodernisme pour Ă©tudier la subjectivitĂ© en mobilisant l’analyse Ă©thique de Foucault 1984a, 1984b, le souci de soi, c’est-Ă -dire pour explorer les arts de l’existence » ou les pratiques de soi » que ces femmes ont utilisĂ©s au cours de leur longue vie dans la construction de leur subjectivitĂ© ; et 2 d’utiliser le postmodernisme pour interroger la mĂ©thodologie traditionnelle de recherche qualitative, laquelle est Ă  mon sens gĂ©nĂ©ralement Ă  la fois positiviste et interprĂ©tative. 61Aussi, puisque je me considĂšre moi-mĂȘme comme une Ă©crivaine — merci Ă  Richardson il aura fallu une sociologue pour apprendre Ă  Ă©crire Ă  une professeure d’anglais —, j’ai choisi dĂšs le dĂ©part d’utiliser l’écriture comme mĂ©thode de recherche dans ces deux sens, au moins 1 je considĂ©rerais l’écriture comme une mĂ©thode de collecte de donnĂ©es au mĂȘme titre que, par exemple, les entretiens et l’observation ; et 2 je considĂ©rerais l’écriture comme une mĂ©thode d’analyse des donnĂ©es au mĂȘme titre que, par exemple, les activitĂ©s traditionnelles — et que je considĂšre comme structurelles et positivistes — d’induction analytique, de comparaison constante, de codage, de tri et de catĂ©gorisation des donnĂ©es, etc. Il semble clair, dĂ©sormais, que la cohĂ©rence du concept de mĂ©thode, apprĂ©hendĂ© dans une perspective positiviste et/ou interprĂ©tativiste, est rompue, le concept Ă©tant investi de ces sens multiples. En somme, les efforts pour maintenir son unitĂ© pourraient demeurer vains. En effet, j’espĂšre que d’autres suivront mon exemple et imagineront de nouvelles utilisations de l’écriture comme mĂ©thode de recherche. Je souligne par ailleurs que les deux mĂ©thodes Ă©voquĂ©es ci-dessus ne sont pas distinctes. Faire une telle distinction reviendrait Ă  demeurer dans les limites de la structure de la recherche qualitative traditionnelle, qui sĂ©pare souvent la collecte des donnĂ©es de leur analyse. NĂ©anmoins, je maintiens temporairement cette distinction par souci de clartĂ©. 62Dans ma recherche, j’ai utilisĂ© l’écriture comme mĂ©thode de collecte de donnĂ©es en rassemblant, c’est-Ă -dire en recueillant — dans l’écriture —, toutes sortes de donnĂ©es que je n’avais jamais vues dans les manuels d’interprĂ©tation qualitative, dont certaines que j’ai nommĂ©es donnĂ©es de rĂȘve, donnĂ©es sensuelles, donnĂ©es Ă©motionnelles, donnĂ©es d’interprĂ©tation situĂ©e [response data] St. Pierre, 1997b et donnĂ©es de mĂ©moire St. Pierre, 1995. Ces donnĂ©es peuvent inclure, par exemple, un rĂȘve agaçant Ă  propos d’une entrevue insatisfaisante ; l’angle oblique du soleil du Sud vers lequel mon corps s’est tournĂ© avec bonheur ; mon chagrin lorsque j’ai lu la notice nĂ©crologique de l’une de mes participantes ; le commentaire troublant de ma mĂšre qui me reprochait d’avoir fait une erreur ; et des souvenirs du futur » trĂšs rĂ©els Deleuze, 2004/1986, p. 114, d’une Ă©poque tristement privĂ©e de ces femmes et d’autres femmes de leur gĂ©nĂ©ration. Ces donnĂ©es ne figuraient ni dans mes transcriptions d’entretiens ni dans mes notes de terrain, lĂ  oĂč les donnĂ©es sont censĂ©es se trouver en effet, comment peut-on textualiser » tout ce que l’on pense et ressent au cours d’une recherche ? Mais elles Ă©taient toujours dĂ©jĂ  dans mon esprit et dans mon corps, et elles sont apparues de maniĂšre Ă  la fois inattendue et appropriĂ©e dans mes Ă©crits — des donnĂ©es fugitives, passagĂšres, excessives et hors catĂ©gorie. Ce que je veux dire, ici, c’est que ces donnĂ©es auraient pu m’échapper complĂštement si je n’avais pas Ă©crit ; elles n’ont Ă©tĂ© recueillies qu’à travers l’écriture. 63J’ai utilisĂ© l’écriture comme mĂ©thode d’analyse des donnĂ©es en ce sens que je l’ai utilisĂ©e pour penser ; j’ai Ă©crit pour entrer dans des espaces particuliers, des espaces auxquels je n’aurais pu accĂ©der si j’avais triĂ© les donnĂ©es avec un programme informatique ou par induction analytique. Il s’agit d’un travail rhizomatique Deleuze et Guattari, op. cit. dans lequel j’ai Ă©tabli des connexions accidentelles et fortuites que je ne pouvais ni prĂ©voir ni contrĂŽler. Ainsi, je n’ai pas limitĂ© l’analyse aux pratiques traditionnelles de codage des donnĂ©es, puis de tri en catĂ©gories que j’aurais ensuite regroupĂ©es en thĂšmes, lesquels seraient devenus des titres de section dans un plan qui aurait organisĂ© et rĂ©gi mon Ă©criture avant mĂȘme l’écriture. La rĂ©flexion s’est dĂ©ployĂ©e dans l’écriture. À mesure que j’écrivais, je voyais apparaĂźtre et se succĂ©der des mots sur l’écran de l’ordinateur — des idĂ©es, des thĂ©ories — auxquels je n’avais pas pensĂ© avant de les Ă©crire. Il m’est arrivĂ© d’écrire quelque chose de si formidable que j’en ai Ă©tĂ© surprise. Je doute qu’une telle pensĂ©e aurait pu Ă©merger par la seule rĂ©flexion. 64Et c’est en abordant l’écriture de cette maniĂšre que l’on brise la distinction, dans la recherche qualitative traditionnelle, entre la collecte et l’analyse des donnĂ©es c’est lĂ  un nouvel assaut contre la structure. Les deux se produisent simultanĂ©ment. Au fur et Ă  mesure que les donnĂ©es sont collectĂ©es dans l’écriture — lorsque la chercheuse pense Ă /Ă©crit Ă  propos de l’idĂ©e de sa professeure de latin selon laquelle nous devrions nous Ă©panouir dans l’adversitĂ© ; un chĂąle en vison drapĂ© Ă©lĂ©gamment sur des Ă©paules droites et vieillissantes ; le goĂ»t sucrĂ© et salĂ© de minuscules biscuits au jambon de pays ; toutes les autres choses de sa vie qui semblent sans rapport avec son projet de recherche, mais qui s’y libĂšrent totalement —, elle produit des transitions Ă©tranges et merveilleuses d’un mot Ă  l’autre, d’une phrase Ă  l’autre, de la pensĂ©e Ă  l’impensĂ©. La collecte et l’analyse des donnĂ©es sont indissociables lorsque l’écriture est une mĂ©thode de recherche. Et les concepts positivistes tels que les pistes de vĂ©rification et la saturation des donnĂ©es deviennent absurdes, et non pertinents, dans le cadre d’une recherche qualitative postmoderne oĂč l’écriture est un terrain de jeu oĂč tout peut arriver — et finit par arriver. 65Il y a beaucoup de questions auxquelles il faut rĂ©flĂ©chir, alors que la recherche qualitative traditionnelle se dĂ©fait — dans ce cas-ci, alors que l’écriture dĂ©construit le concept de mĂ©thode, faisant prolifĂ©rer son sens et faisant dĂšs lors s’effondrer la structure qui reposait sur son unitĂ©. Mais comment Ă©crire » aprĂšs le tournant linguistique ? Les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes ont Ă©tĂ© courageux et inventifs Ă  cet Ă©gard. Richardson a identifiĂ© et dĂ©crit cette Ă©criture Ă  la fois comme une Ă©criture expĂ©rimentale » Richardson, 1994 et comme une ethnographie CAP » Richardson, 2000. Bien sĂ»r, il n’y a pas de modĂšle pour ce travail, puisque chaque chercheuse, chaque chercheur et chaque recherche requiĂšrent une Ă©criture singuliĂšre. Je peux malgrĂ© tout raconter briĂšvement une petite histoire d’écriture Ă  propos de mes propres aventures avec la postreprĂ©sentation. 66Comme je l’ai mentionnĂ© ci-dessus, dans ma recherche sur les femmes ĂągĂ©es de ma ville natale, j’ai entrepris d’étudier la subjectivitĂ© et la recherche qualitative au moyen d’analyses poststructuralistes. Ma tĂąche consistait Ă  dĂ©construire la structure prĂ©sumĂ©e unifiĂ©e de la femme autonome, consciente et cultivĂ©e, qui serait livrĂ©e Ă  la lectrice ou au lecteur par une description riche et dense, de mĂȘme que la structure prĂ©sumĂ©e rationnelle et cohĂ©rente de la recherche qualitative traditionnelle, qui garantirait une connaissance vĂ©ritable des femmes. N’ayant jamais lu de manuel qualitatif postmoderne, j’ai d’abord essayĂ© de faire entrer de force — sans succĂšs — la mĂ©thodologie postmoderne dans la grille de la recherche qualitative interprĂ©tative/positiviste. Lorsque l’inadĂ©quation est devenue apparente, puis absurde, j’ai commencĂ© Ă  dĂ©construire cette structure pour faire de la place Ă  la diffĂ©rence. 23 NDT. Il est ici question d’une rĂ©plique du thriller amĂ©ricain The Marathon Man dans lequel Laurence ... 24 Citation originale old promise of representation ». 67Au mĂȘme moment, j’ai commencĂ© Ă  ressentir une rĂ©ticence littĂ©raire Ă  l’idĂ©e de dĂ©crire » ou de reprĂ©senter mes participantes et d’encourager ainsi une certaine forme d’identification sentimentale. AprĂšs tout, c’était la subjectivitĂ©, et non les femmes elles-mĂȘmes, qui constituait l’objet de ma recherche. Je suis devenue mĂ©fiante envers l’hypothĂšse pas-si-innocente » de l’interprĂ©tativisme selon laquelle les femmes devaient ĂȘtre forĂ©es et exploitĂ©es pour le savoir Qui sont-elles ? Qu’est-ce que cela signifie ? » et, par lĂ , reprĂ©sentĂ©es. Cela ne semblait pas ĂȘtre le type de relation Ă©thique que ces femmes, qui m’avaient enseignĂ© comment ĂȘtre une femme, exigeaient de moi. Je me souviens ici d’un commentaire d’Anthony Lane, critique de films pour le New Yorker, qui disait qu’au lieu de se demander si le film de David Lynch Mulholland Drive a un sens Qu’est-ce que cela signifie ? », les spectatrices et spectateurs devraient se demander ce que Laurence Olivier a un jour demandĂ© Ă  Dustin Hoffman Est-ce sans risque ? »23 Lane, 2001. Dans la recherche interprĂ©tative, nous postulons que la reprĂ©sentation est possible, mĂȘme si elle est risquĂ©e. Nous nous y risquons donc, formulant nĂ©anmoins de nombreux avertissements anxieux. Dans la recherche postmoderne, nous pensons que la reprĂ©sentation n’est pas possible et que toute dĂ©marche en ce sens est risquĂ©e. C’est pourquoi nous dĂ©plaçons donc entiĂšrement l’attention ; en ce qui me concerne, je la dĂ©place des femmes vers la subjectivitĂ©. Nous nous mĂ©fions de plus en plus de la vieille promesse de la reprĂ©sentation24 » Britzman, op. cit., p. 234 et, avec Pillow op. cit., nous remettons en question une science dont le but est la reprĂ©sentation. 25 Citation originale runs to meet the reader ». 68Dans mon propre travail, j’ai dĂ©veloppĂ© une certaine incompĂ©tence et une sous-performance d’écrivaine je suis incapable d’écrire un texte qui se prĂ©cipite Ă  la rencontre [de la lectrice et] du lecteur25 » Sommer, 1994, p. 530, un texte rĂ©confortant Lather et Smithies, 1997 qui satisfait Ă  la prĂ©tention interprĂ©tative de connaĂźtre les femmes. PlutĂŽt que d’ĂȘtre pour moi une impasse Ă©pistĂ©mologique » Sommer, ibid., p. 532 les femmes comme objets que l’on pourrait connaĂźtre, les femmes sont une ligne de fuite qui m’amĂšne ailleurs les femmes comme provocatrices. Il ne s’agit pas de nier l’importance de ces femmes ni de prĂ©tendre qu’elles ne figurent pas dans mes textes, puisqu’elles sont partout. Mais je fais un geste vers elles de maniĂšre oblique dans mes Ă©crits en relatant, par exemple, l’une de nos conversations malaisantes qui s’est transformĂ©e en une confusion splendide et productive sur la subjectivitĂ© ou en racontant comment elles ont insistĂ© pour que je me questionne sur ce qu’elles envisagent comme un paradoxe de la mĂ©thodologie. Et quand une personne me demande de lui raconter une histoire sur ces femmes, je lui en raconte une captivante, et si elle m’en demande une autre, je lui dis Va rencontrer tes propres femmes ĂągĂ©es et parle avec elles. Elles ont des histoires Ă  raconter, et ces histoires changeront ta vie ». 69NĂ©anmoins, j’aspire Ă  Ă©crire sur ces femmes plus ĂągĂ©es qui meurent, meurent et meurent
 et je le ferai un jour, malgrĂ© mes craintes, mais seulement aprĂšs avoir affrontĂ© cette question postreprĂ©sentationnelle qu’est-ce que l’écriture peut faire d’autre que signifier ? Cette Ă©criture impliquera une politique et une Ă©thique de la difficultĂ© qui, d’une part, ne peuvent ĂȘtre accomplies que si j’écris, mais qui, d’autre part, ne peuvent ĂȘtre accomplies sur la base de tout ce que je sais dĂ©jĂ  sur l’écriture. Il n’y a pas de rĂšgle pour l’écriture postreprĂ©sentationnelle ; il n’existe aucune autoritĂ© vers laquelle se tourner pour obtenir du rĂ©confort. 26 Citation originale I do not know, but I do know that we cannot go back to where we were ». 70Qu’est-ce que le postmodernisme a fait Ă  la recherche qualitative ? Je suis d’accord avec la rĂ©ponse de Richardson Ă  cette question Je ne sais pas, mais je sais que nous ne pouvons pas retourner lĂ  oĂč nous Ă©tions26 » 1994, p. 524. Ou, comme l’ont dit Deleuze et Parnet, peut-ĂȘtre comprendrons-nous que rien n’a changĂ©, et pourtant tout a changĂ© » op. cit., p. 154. Je reviens aux critĂšres que Richardson a Ă©tablis pour Ă©valuer des textes ethnographiques postmodernes. L’écriture que j’évoque ici — l’écriture sous rature — apporte-t-elle une contribution substantielle ; a-t-elle une valeur esthĂ©tique ; dĂ©montre-t-elle une rĂ©flexivitĂ© ; quelle portĂ©e a-t-elle ; peut-elle reflĂ©ter l’expĂ©rience vĂ©cue ? Je crois que c’est possible. Mais plus important encore, l’écriture comme mĂ©thode de recherche nous porte Ă  travers nos seuils, vers une destination inconnue, pas prĂ©visible, pas prĂ©existante » Deleuze et Parnet, ibid., p. 152, peut-ĂȘtre mĂȘme vers la promesse spectaculaire de ce que Derrida appelait la dĂ©mocratie Ă  venir » 1993, p. 143, une promesse que ceux qui travaillent pour la justice sociale ne peuvent ignorer. Je pense souvent Ă  cette dĂ©mocratie, puisqu’elle offre la possibilitĂ© d’établir des relations diffĂ©rentes — des relations plus gĂ©nĂ©reuses que celles que je connais, des relations fertiles dans lesquelles les gens s’épanouissent. 27 NDT. ConsidĂ©rant que les versions anglaise et française de l’ouvrage ne correspondent pas, nous avo ... 28 NDT. ConsidĂ©rant que les versions anglaise et française de l’ouvrage ne correspondent pas, nous avo ... 71Le paradoxe, cependant, est que cette dĂ©mocratie ne se prĂ©sentera jamais sous la forme d’une pleine prĂ©sence27 » Derrida, 1993, p. 65, mais qu’elle exige que nous nous prĂ©parions Ă  son arrivĂ©e. Derrida affirmait qu’elle repose sur l’idĂ©e qu’il faut offrir l’hospitalitĂ© absolue » Ă  une altĂ©ritĂ© qui ne peut ĂȘtre anticipĂ©e28 » ibid., p. 65 et Ă  laquelle nous ne demandons rien en retour. Ainsi, la mise en place de la dĂ©construction dans la dĂ©mocratie Ă  venir est ancrĂ©e dans nos relations avec l’autre. En recherche qualitative postmoderne, les possibilitĂ©s de rencontres justes et Ă©thiques avec l’altĂ©ritĂ© se produisent non seulement dans le champ de l’activitĂ© humaine, mais aussi dans le champ du texte, dans notre Ă©criture. Dans ces espaces qui se chevauchent, nous nous prĂ©parons Ă  une dĂ©mocratie qui n’a pas de modĂšle, Ă  une justice postjuridique qui est toujours contingente, qui dĂ©pend toujours de l’affaire en cours et qui doit ĂȘtre effacĂ©e dĂšs lors qu’elle est produite. Se complaire dans l’idĂ©e d’une justice et d’une vĂ©ritĂ© transcendantales, d’un sens profond qui, pensons-nous, nous sauvera, relĂšve peut-ĂȘtre d’un manque de courage, celui dont nous avons besoin pour penser et vivre au-delĂ  de nos fictions nĂ©cessaires. 29 Citation originale what happens when we cannot apply the rules ». 30 Citation originale that is not the moment of security or of cognitive certainty. Quite the cont ... 31 Citation originale no grounds, no alibis, no elsewhere to which we might refer the instance of ... 72L’éthique sous la dĂ©construction est donc sans fondement ; elle est ce qui se passe quand nous ne pouvons pas appliquer les rĂšgles29 » Keenan, 1997, p. 1. Cette Ă©thique de la difficultĂ© s’articule autour d’une responsabilitĂ© complexe envers l’autre, qui n’est pas un moment de sĂ©curitĂ© ni de certitude cognitive. Bien au contraire la seule responsabilitĂ© digne de ce nom procĂšde du retrait des rĂšgles ou des connaissances sur lesquelles nous aimerions compter pour prendre nos dĂ©cisions Ă  notre place30 » ibid.. L’évĂ©nement Ă©thique se produit lorsque nous n’avons plus aucun motif, aucun alibi, aucun ailleurs auquel nous pourrions renvoyer l’instance de nos dĂ©cisions31 » ibid.. En ce sens, nous serons toujours non prĂ©parĂ©s Ă  ĂȘtre Ă©thiques ». Plus encore, la suppression des fondements et du sens originel, qui n’étaient dĂ©jĂ  que des fictions, laisse simplement tout tel quel, c’est-Ă -dire sans ces marqueurs de certitude sur lesquels nous comptions pour demeurer intacts face Ă  notre responsabilitĂ© textuelle. DĂšs lors, comment continuer ? Comment poursuivre notre travail et notre vie ? 73Deleuze soutenait que les Ă©vĂ©nements de notre vie — et dans cet essai, je pense prĂ©cisĂ©ment Ă  toutes ces relations Ă  l’autre que permet la recherche qualitative — nous encouragent Ă  ĂȘtre leur Ă©gal en nous incitant nous-mĂȘmes Ă  exceller, Ă  ĂȘtre le plus parfait possible. Ou bien la morale n’a aucun sens, ou bien c’est cela qu’elle veut dire, elle n’a rien d’autre Ă  dire ne pas ĂȘtre indigne de ce qui nous arrive » 1969, p. 174. L’évĂ©nement nous appelle donc Ă  ĂȘtre dignes Ă  l’instant mĂȘme de la dĂ©cision, quand ce qui arrive est tout ce qui existe — alors que le sens arrivera toujours trop tard pour nous sauver. Au bord de l’abĂźme, nous marchons sans rĂ©serve vers l’autre. C’est la dĂ©construction Ă  son meilleur et, je crois, la condition de la dĂ©mocratie Ă  venir de Derrida. Cette dĂ©mocratie appelle une croyance dans le monde » Deleuze, 1990, p. 239 renouvelĂ©e qui, je l’espĂšre, permettra des relations moins appauvries que celles que nous avons imaginĂ©es et vĂ©cues jusqu’ici. Comme je l’ai dit ci-dessus, la dĂ©construction s’accomplit dĂ©jĂ  par le travail des chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes dans tous les domaines oĂč ils travaillent. 74En ce qui me concerne, je lutte tous les jours pour demeurer digne des femmes ĂągĂ©es de ma ville natale, qui continuent Ă  m’enseigner l’éthique. Vous avez peut-ĂȘtre l’impression que je n’écris pas Ă  leur sujet dans cet essai, mais je vous assure qu’elles vous parlent dans chaque mot que vous lisez. Ruminer et Ă©crire Ă  propos de ce dĂ©sir de les voir prĂ©sentes dans ce texte et dans d’autres textes que je pourrai Ă©crire, de ce dĂ©sir de sens, accapare une grande partie de mon Ă©nergie. Mais je fais confiance Ă  l’écriture et je sais qu’un matin, je me rĂ©veillerai et j’écrirai Ă  propos de ces femmes d’une maniĂšre que je ne peux encore imaginer. J’espĂšre que vous ferez de mĂȘme, que vous utiliserez l’écriture comme une mĂ©thode de recherche pour entrer dans votre propre impossibilitĂ©, lĂ  oĂč tout peut arriver — et oĂč tout arrivera ! Partie 3 pratiques d’écriture Laurel Richardson 32 Citation originale Writing, the creative effort, should come first — at least for some part of ... Écrire, l’effort crĂ©atif, devrait primer — au moins pour certains pans de ton quotidien. C’est une merveilleuse bĂ©nĂ©diction si tu y fais appel. Tu deviendras plus heureux, Ă©clairĂ©, vivant, passionnĂ©, joyeux, et plus gĂ©nĂ©reux envers les autres. MĂȘme ta santĂ© s’amĂ©liora. Les rhumes disparaĂźtront et toute autre affection de dĂ©couragement et d’ennui32 Ueland, 1987/1938. 75Dans ce qui suit, je propose quelques façons d’utiliser l’écriture comme mĂ©thode pour connaĂźtre ». J’ai retenu des exercices qui ont Ă©tĂ© utiles aux Ă©tudiantes et Ă©tudiants parce qu’ils permettent de dĂ©mystifier l’écriture, qu’ils nourrissent la voix de la chercheuse ou du chercheur et servent le processus de dĂ©couverte de soi, du monde et des enjeux de justice sociale. J’aimerais aussi pouvoir affirmer avec certitude que ces exercices nous gardent en bonne santĂ©. MĂ©taphore 76Les vieilles mĂ©taphores usĂ©es, bien que faciles et plaisantes Ă  utiliser, deviennent avec le temps lourdes et indigestes. Plus rigide vous devenez, moins flexible vous ĂȘtes. Vos idĂ©es en viennent Ă  ĂȘtre ignorĂ©es. Si votre Ă©criture est clichĂ©e, vous n’irez pas au-delĂ  de votre imagination » AĂŻe ! Le clichĂ© qui pointe vers le clichĂ© ! et vous lasserez les gens. Dans l’écriture scientifique traditionnelle en sciences sociales, la mĂ©taphore de la thĂ©orie est le bĂątiment » par exemple, une structure, une fondation, une construction, une dĂ©construction, un cadre, une grandeur voir l’excellent livre de Lakoff et Johnson, 1980. Envisagez une autre mĂ©taphore, par exemple la thĂ©orie comme tapisserie », la thĂ©orie comme maladie », la thĂ©orie comme rĂ©cit » ou la thĂ©orie comme action sociale ». RĂ©digez un paragraphe sur la thĂ©orie » en utilisant votre mĂ©taphore. Faire appel Ă  cette mĂ©taphore inusitĂ©e pour thĂ©oriser vous fait-il voir et sentir diffĂ©remment ? Voulez-vous que votre thĂ©orie s’insĂšre autrement dans le monde social ? Voulez-vous que votre thĂ©orie affecte le monde ? Prenez l’un de vos articles et soulignez les mĂ©taphores et les images utilisĂ©es. Qu’affirmez-vous au travers de ces mĂ©taphores que vous n’aviez pas rĂ©alisĂ© affirmer ? Qu’ĂȘtes-vous en train de rĂ©inscrire ? Souhaitez-vous le faire ? Pouvez-vous trouver d’autres mĂ©taphores qui modifieraient votre façon de voir percevoir le matĂ©riel et votre rapport Ă  ce matĂ©riel ? Vos mĂ©taphores composĂ©es font-elles Ă©tat de votre propre confusion ou du fait que les sciences sociales font abstraction de certaines idĂ©es ? En quoi vos mĂ©taphores Ă  la fois rĂ©inscrivent les iniquitĂ©s sociales et leur rĂ©sistent ? Formats d’écriture Choisissez un article de pĂ©riodique qui exemplifie les principales conventions d’écriture de votre discipline. Comment l’argumentaire est-il prĂ©sentĂ© ? Qui en est le public prĂ©sumĂ© ? Comment l’article reproduit-il une idĂ©ologie ? De quelle façon la personne positionne-t-elle son autoritĂ© par rapport au matĂ©riel ? OĂč se trouve l’autrice ou l’auteur ? OĂč vous trouvez-vous dans cet article ? Qui sont les sujets et les objets Ă  l’étude ? Choisissez un Ă©crit que vous avez rĂ©digĂ© dans le cadre d’un cours ou pour une publication et que vous jugez particuliĂšrement rĂ©ussi. De quelle façon avez-vous suivi les normes propres Ă  votre discipline ? Aviez-vous conscience de le faire ? Quelles parties du texte a louangĂ©es la personne qui a Ă©valuĂ© votre travail ? Avez-vous Ă©ludĂ© certaines parties plus difficiles en Ă©tant vague, en utilisant un jargon, en faisant appel Ă  une autoritĂ©, aux normes d’écriture scientifique et/ou en ayant recours Ă  d’autres tactiques rhĂ©toriques ? Quelles voix avez-vous exclues ? À qui s’adresse votre texte ? 77OĂč se situent les sujets dans votre travail ou votre article ? Et vous ? Comment vous sentez-vous par rapport Ă  votre travail ou Ă  votre article Ă  prĂ©sent ? Comment vous sentez-vous par rapport au processus de construction de cet Ă©crit ? Pratiques d’écriture crĂ©ative et analytique Joignez-vous Ă  un groupe d’écriture ou lancez-en un. Il pourrait s’agir d’un groupe de soutien Ă  l’écriture, d’un groupe d’écriture crĂ©ative, d’un groupe de poĂ©sie, d’un groupe de dissertations, d’un groupe de mĂ©moires, quelque chose du genre sur l’écriture de dissertations et d’articles, voir Becker, 1986 ; Fox, 1985 ; Richardson, 1990 ; Wolcott, 1990. Travaillez Ă  un guide d’écriture crĂ©ative pour quelques excellents guides, voir Goldberg, 1986 ; Hills, 1987 ; Metzger, 1992 ; Ueland, op. cit.. Inscrivez-vous Ă  un cours ou Ă  un atelier d’écriture crĂ©ative. Ces expĂ©riences sont bĂ©nĂ©fiques tant pour des chercheuses et chercheurs qui dĂ©butent que pour celles et ceux qui ont de l’expĂ©rience. Voyez l’utilisation des cahiers de notes de terrain comme une occasion d’enrichir votre vocabulaire d’écriture, vos habitudes de raisonnement et votre capacitĂ© de porter attention Ă  vos perceptions, et voyez-le comme un rempart contre l’implacable voix de la science. N’y a-t-il pas meilleur moyen que le processus de recherche pour dĂ©velopper le sens de soi — sa voix ?! Quel meilleur espace que vos cahiers de notes pour expĂ©rimenter diffĂ©rents points de vue — regarder le monde selon la perspective d’autrui ! Tenez un journal. Écrivez des rĂ©cits d’écriture, c’est-Ă -dire des rĂ©cits de recherche. 33 English classes » dans le texte. Écrivez une autobiographie d’écriture. Il s’agirait du rĂ©cit de la façon dont vous avez appris Ă  Ă©crire, des dictats des cours de français33 les phrases-thĂšmes, les grandes lignes, les essais de cinq paragraphes ?, des dictats de professeures et professeurs en sciences sociales, de comment et d’oĂč vous Ă©crivez Ă  prĂ©sent, de vos besoins d’écriture » idiosyncrasiques, de vos sentiments par rapport Ă  l’écriture et au processus d’écriture et/ou de votre rĂ©sistance Ă  l’écriture impartiale ». Il s’agit d’un exercice utilisĂ© par Arthur Bochner. Si vous souhaitez faire des expĂ©riences avec l’écriture Ă©vocatrice, une bonne façon de commencer est de transformer vos cahiers de notes en piĂšces de théùtre. Voyez quelles rĂšgles ethnographiques vous utilisez par exemple, rester fidĂšle aux paroles des personnes participantes, Ă  l’ordre des tours de parole et des Ă©vĂ©nements et quelles rĂšgles littĂ©raires vous convoquez par exemple, limiter le temps de parole des intervenantes et intervenants, laisser l’ intrigue » progresser, dĂ©velopper le personnage Ă  travers les actions. Écrire des piĂšces de théùtre accentue les considĂ©rations Ă©thiques. Si vous avez des doutes, voyez la diffĂ©rence entre une Ă©criture typique » d’un Ă©vĂ©nement ethnographique et une Ă©criture théùtrale de ce mĂȘme Ă©vĂ©nement, dans laquelle vous et vos hĂŽtes tenez des rĂŽles jouĂ©s devant public. À qui appartiennent les mots exprimĂ©s ? Comment cette reconnaissance est-elle attribuĂ©e ? Que faire si des personnes n’aiment pas la façon dont elles sont personnifiĂ©es ? Des normes de courtoisie sont-elles violĂ©es ? RĂ©digez des essais Ă  la fois avec une version orale et une version Ă©crite de votre piĂšce. Faites l’expĂ©rience de l’écriture en transformant une entrevue en profondeur en une reprĂ©sentation poĂ©tique. Tentez d’utiliser les mots, les rythmes, les façons de parler, les respirations, les pauses, la syntaxe et la diction de la personne interviewĂ©e. OĂč vous situez-vous dans le poĂšme ? Que savez-vous de la personne interviewĂ©e et de vous que vous ne connaissiez pas avant d’écrire ce poĂšme ? Quels procĂ©dĂ©s poĂ©tiques avez-vous sacrifiĂ©s au nom de la science ? Écrivez un texte stratifiĂ© » [layered-text] voir Lather et Smithies, op. cit. ; Ronai, 1995. Le texte stratifiĂ© est une stratĂ©gie permettant de vous insĂ©rer dans le texte tout en insĂ©rant celui-ci dans les diffĂ©rentes littĂ©ratures et traditions des sciences sociales. Voici une possibilitĂ© d’abord, rĂ©digez un court rĂ©cit de soi Ă  propos d’un Ă©vĂ©nement particuliĂšrement significatif pour vous ; prenez du recul et regardez le rĂ©cit selon votre perspective disciplinaire ; ajoutez ensuite Ă  votre rĂ©cit dĂ©but, sections intermĂ©diaires, fin, peu importe des affirmations analytiques ou des rĂ©fĂ©rences en utilisant une police de caractĂšre diffĂ©rente, une mise en forme diffĂ©rente, en divisant la page ou en balisant le texte autrement. Les couches peuvent ĂȘtre multiples, avec plusieurs façons de souligner les niveaux thĂ©oriques, les thĂ©ories, les intervenantes et intervenants, ainsi de suite. Il s’agit d’un exercice utilisĂ© par Carolyn Ellis. Utilisez une autre stratĂ©gie d’écriture pour dĂ©velopper une nouvelle forme d’ethnographie destinĂ©e Ă  des publications en sciences sociales. Produisez un texte transparent » dans lequel la littĂ©rature, la thĂ©orie et les mĂ©thodes prĂ©cĂ©dentes sont insĂ©rĂ©es de maniĂšre significative sur le plan textuel plutĂŽt qu’organisĂ©es dans des sections distinctes pour un trĂšs bon exemple, voir Bochner, 1997. Essayez le texte sandwich », dans lequel les thĂšmes traditionnels des sciences sociales renvoient au pain blanc » qui entoure la garniture » Ellis et Bochner, op. cit., ou un Ă©pilogue » expliquant le travail thĂ©orique et analytique du texte crĂ©atif voir Eisner, citĂ© dans Saks, 1996. ConsidĂ©rez le cadre d’un terrain. ConsidĂ©rez les diffĂ©rentes positions que vous occupez ou avez occupĂ©es dans cet espace, par exemple dans un magasin oĂč vous seriez vendeuse ou vendeur, cliente ou client, gĂ©rante ou gĂ©rant, fĂ©ministe, capitaliste, parent ou enfant. Écrivez d’abord Ă  propos du cadre ou Ă  propos d’un Ă©vĂ©nement se dĂ©roulant dans ce cadre Ă  partir de diffĂ©rentes postures. Qu’est-ce que ces diffĂ©rentes postures vous permettent de savoir ? Ensuite, laissez les points de vue dialoguer entre eux. Qu’est-ce que ces dialogues vous permettent de dĂ©couvrir ? Que dĂ©couvrez-vous Ă  travers ces dialogues ? Qu’apprenez-vous concernant les iniquitĂ©s sociales ? Écrivez vos donnĂ©es » de trois maniĂšres diffĂ©rentes, par exemple un compte rendu narratif, une reprĂ©sentation poĂ©tique et un scĂ©nario de théùtre des lectrices/lecteurs. Que comprenez-vous de chacun des rendus que vous ne compreniez pas des autres ? Comment les diffĂ©rents rendus s’enrichissent-ils mutuellement ? RĂ©digez un rĂ©cit de soi selon votre point de vue par exemple, quelque chose qui s’est produit dans votre famille ou dans un sĂ©minaire. Puis, interrogez une autre participante ou un autre participant par exemple, un membre de votre famille ou du sĂ©minaire et faites-lui raconter sa version de l’évĂ©nement. Imaginez-vous comme faisant partie de l’histoire de la participante ou du participant de la mĂȘme maniĂšre qu’elle ou il fait partie de votre histoire. Comment réécrivez-vous votre rĂ©cit selon le point de vue de cette personne ? Cet exercice est utilisĂ© par Ellis. L’écriture collaborative nous permet de voir au-delĂ  de notre conception naturaliste du style et de l’attitude. C’est un exercice que j’ai utilisĂ© dans mon enseignement, mais il serait tout aussi Ă  propos pour un groupe d’écriture. Chaque membre met d’abord en mots un Ă©vĂ©nement de sa vie. Par exemple, ce pourrait ĂȘtre un rĂ©cit fĂ©ministe, un rĂ©cit de rĂ©ussite, un rĂ©cit de quĂȘte, un rĂ©cit culturel, un rĂ©cit de socialisation professionnelle, un conte rĂ©aliste, un rĂ©cit de confessions ou un rĂ©cit de discriminations. Des copies des rĂ©cits sont distribuĂ©es aux membres du groupe. Le groupe est ensuite divisĂ© en plus petits groupes je prĂ©fĂšre des groupes de trois. Chaque petit groupe propose une nouvelle histoire, soit l’histoire collective de ses membres. La collaboration peut prendre diverses formes drame, poĂ©sie, fiction, rĂ©cit de soi, textes rĂ©alistes, etc. Les collaborations sont partagĂ©es avec l’ensemble du groupe. Enfin, chaque membre met sur papier ce qu’elle ou il a ressenti par rapport Ă  la collaboration et Ă  ce qui est advenu de son rĂ©cit personnel — et de sa vie — durant ce processus. Prenez un pan de votre vie en dehors de ou prĂ©cĂ©dant votre expĂ©rience dans le milieu de l’enseignement et de la recherche qui vous a particuliĂšrement marquĂ©. Utilisez cette rĂ©sonance comme une mĂ©taphore Ă  partir de laquelle travailler pour comprendre et prĂ©senter votre recherche. Les Ă©tudiantes et Ă©tudiants ont créé d’excellents rapports de recherche et se sont accrochĂ©s Ă  des figures inattendues par exemple, la chorĂ©graphie, les principes de l’arrangement floral, la composition picturale, les diffusions sportives. Ces rĂ©sonances cultivent une vie plus intĂ©grĂ©e. Il existe diffĂ©rentes formes d’écriture pour diffĂ©rents publics et diffĂ©rentes occasions. Faites l’expĂ©rience d’écrire sur un mĂȘme objet de recherche pour un lectorat universitaire, un lectorat de professionnelles et professionnels, pour la presse populaire, pour des lĂ©gislatrices et lĂ©gislateurs, pour le milieu de la recherche, ainsi de suite Richardson, 1990. C’est un exercice fort pertinent pour les Ă©tudiantes et Ă©tudiants de cycles supĂ©rieurs qui pourraient vouloir faire partager de maniĂšre conviviale leurs rĂ©sultats de recherche avec leurs collĂšges. Mettez en rĂ©cit l’écriture Richardson, 1997. Ces histoires renvoient Ă  des comptes rendus rĂ©flexifs de ce qui vous a amenĂ© Ă  Ă©crire ce que vous avez Ă©crit. Les rĂ©cits d’écriture peuvent porter sur des rĂšgles disciplinaires, des Ă©vĂ©nements dĂ©partementaux, des rĂ©seaux d’amitiĂ©, des liens collĂ©giaux, familiaux et/ou des expĂ©riences biographiques personnelles. Ces rĂ©cits d’écriture permettent de situer votre travail dans divers contextes, rattachant cette tĂąche solitaire et en apparence sĂ©parĂ©e du reste aux alĂ©as de votre vie et de votre personne. Mettre en rĂ©cit ces histoires nous rappelle le processus constant de cocrĂ©ation qui s’opĂšre entre nous-mĂȘme et les sciences sociales. 34 Citation originale Willing is doing something you know already – here is no imaginative underst ... Être disposĂ© Ă , c’est faire quelque chose que l’on connaĂźt dĂ©jĂ  — il n’existe aucune nouvelle comprĂ©hension imaginative dans cet acte. En ce moment, votre esprit devient affreusement stĂ©rile et dĂ©sertique Ă  force d’ĂȘtre aussi rapide, vif et efficace Ă  rĂ©aliser une chose aprĂšs l’autre, au point oĂč vous ne prenez plus le temps de laisser vos idĂ©es survenir, se dĂ©velopper et rayonner doucement34 Ueland, op. cit.. taire traĂźner: traiter: aprĂšs: air: prĂšs: dĂšs: vraiment: nĂ©cessaire: mĂȘler: semaine: auprĂšs: caractĂšre: prĂȘt: matiĂšre: entraĂźner : connaissance 6)Une chanson Des hommes pareils by Francis Cabrel on Grooveshark. Des hommes pareils, Francis Cabrel Vous, vous ĂȘtes et nous, nous sommes Des hommes pareils Plus ou moins nus sous le soleil MĂȘmes cƓurs entre les mĂȘmes Ă©paules **Lorsque l’on se rĂ©veille ** 1- Louange Ă  Allah qui nous a rendus Ă  la vie aprĂšs nous avoir fait mourir, et tout retourne Ă  Lui » Ű§Ù„Ű­ÙŽÙ…Ù’Ù€ŰŻÙ لِلّهِ Ű§Ù„Ù‘Ű°ÙŠ ŰŁÙŽŰ­Ù’Ù€ÙŠŰ§Ù†Ű§ ŰšÙŽŰčÙ’Ù€ŰŻÙŽ Ù…Ű§ ŰŁÙŽÙ…Ű§ŰȘÙŽÙ€Ù†Ű§ ÙˆÙŽŰ„Ù„ÙŠÙ‡ Ű§Ù„Ù†Ù‘ÙÙ€ŰŽÙˆŰ± Prononciation alhamdu lillĂąhi lladhĂź ahyĂąnĂą bacda mĂą amĂątanĂą wa ilayhi nnushĂ»r » Al-BukhĂąrĂź dans al-Fath 11/113 et Muslim 4/2083 2- Il n’ ’y a d’’autre divinitĂ© qu’’AllĂąh l’’Unique sans associĂ©, Ă  Lui la royautĂ© et Ă  Lui la louange et Il est capable de toute chose. Gloire et puretĂ© Ă  AllĂąh, la louange est Ă  AllĂąh et il n’y a de puissance ni de force qu’en AllĂąh le TrĂšs-Haut, le Plus Grand. Ô Seigneur pardonne-moi. » Ù„Ű§ Ű„Ù„Ù‡ÙŽ Ű„Ù„Ű§Ù‘ Ű§Ù„Ù„Ù‘Ù‡Ù ÙˆÙŽŰ­Ù’Ù€ŰŻÙŽÙ‡Ù Ù„Ű§ ŰŽÙŽÙ€Ű±ÙŠÙƒÙŽ Ù„Ù‡ŰŒ لهُ Ű§Ù„Ù…ÙÙ„Ù€ÙƒÙ ولهُ Ű§Ù„Ű­ÙŽÙ…Ù€ŰŻŰŒ وهوَ Űčلى كلّ ŰŽÙŠŰĄÙ Ù‚ŰŻÙŠŰ± ŰłÙÙ€ŰšÙ’Ű­Ű§Ù†ÙŽ Ű§Ù„Ù„Ù‡ÙŰŒ ÙˆŰ§Ù„Ű­Ù…Ù’Ù€ŰŻÙ لله ی ÙˆÙ„Ű§ Ű„Ù„Ù‡ÙŽ Ű„Ù„Ű§Ù‘ Ű§Ù„Ù„Ù‡Ù ÙˆŰ§Ù„Ù„Ù‡Ù ŰŁÙƒŰšÙŽŰ±ŰŒ ÙˆÙŽÙ„Ű§ Ű­ÙŽÙˆÙ„ÙŽ ÙˆÙŽÙ„Ű§ Ù‚ÙˆÙ‘Ű© Ű„Ù„Ű§Ù‘ ŰšŰ§Ù„Ù„Ù‘Ù‡Ù Ű§Ù„Űčليّ Ű§Ù„ŰčŰžÙŠÙ…ŰŒ Ű±ÙŽŰšÙ‘Ù ۧŰșÙ’ÙŰ±Ù’ لي lĂą ilĂąha illa llĂąhu wahdahu lĂą sharĂźka lah, lahu lmulku wa lahu lhamd, wa huwa calĂą kulli shay’in qadĂźr, subhĂąna llĂąh, wa lhamdo lillĂąh, wa lĂą ilĂąha illa llĂąh, wa llĂąhu akbar, wa lĂą hawla wa lĂą quwwata illa billĂąhi lcaliyyi lcazĂźm, rabbi ghfirlĂź. » Al-BukhĂąrĂź dans al-Fath 3S/39 3- Louange Ă  Allah qui m’a rendu la vie, m’a prĂ©servĂ© dans ma santĂ© et m’a permis de Le mentionner. » Ű§Ù„Ű­Ù…ŰŻÙ للهِ Ű§Ù„Ű°ÙŠ ŰčŰ§ÙŰ§Ù†ÙŠ في ŰŹÙŽŰłÙŽŰŻÙŠ ÙˆÙŽŰ±ÙŽŰŻÙ‘ Űčَليّ Ű±ÙˆŰ­ÙŠ ÙˆÙŽŰŁÙŽŰ°ÙÙ†ÙŽ Ù„ÙŠŰšÙŰ°ÙÙƒÙ’Ű±ÙÙ‡ Prononciation alhamdulillĂąhi lladhĂź cĂąfĂąnĂź fĂź jasadĂź wa radda calayya rĂ»hĂź wa adhinalĂźbidhikrihi » Al-TirmidhĂź 5/473, Sahih al-TirmidhĂź 3/144 invocations avant de dormir La rĂ©citation du “TasbĂźh” qui avait Ă©tĂ© enseignĂ© Ă  FĂątima radhia AllĂąhou anha et qui consiste Ă  rĂ©citer 33 fois “SoubhĂąnallah”, 33 fois “AlhamdoulillĂąh” et 34 fois “AllĂąhou Akbar” – Cette pratique facilite, Incha Allah, la rĂ©alisation des tĂąches quotidiennes La rĂ©citation du verset du TrĂŽne Sourate 2 / Verset 255 – Cette pratique accorde, Incha Allah, une protection contre l’influence de ChaytĂąn La rĂ©citation des deux derniers versets de la Sourate “Al Baqarah” – Cette pratique permet, Incha Allah, d’obtenir une rĂ©compense comparable Ă  celle de l’accomplissement de la priĂšre de la nuit, suivant l’interprĂ©tation retenue par certains savants La rĂ©citation des sourates “Il IkhlĂąs”, “Al Falaq” et “An NĂąs” Sourate 112, 113 et 114 AprĂšs avoir rĂ©citĂ© ces sourates, le ProphĂšte sallallĂąhou alayhi wa sallam soufflait dans ses mains et les passait sur les parties de corps qu’il pouvait atteindre; il rĂ©pĂ©tait cette action en trois fois – Cette pratique accorde, Incha Allah, une protection contre les effets de la magie et de la sorcellerie. La lecture de l’invocation suivante entre autres “bi ismika AllĂąhoumma amoĂ»tou wa ahyñ” Avec Ton Nom, Ô Allah, je meurs et je vis. BĂŽukhĂąri Invocation Ă  dire lorsqu’on se dirige vers la mosquĂ©e
 “Seigneur, mets de la lumiĂšre dans mon coeur
” Ibn Abbas radiyallahou 3anhou rapporte qu’un jour, lorsque le muezzin appelait Ă  la priĂšre du matin, le Messager d’Allah sallallahou alayhi wa sallam est sorti pour prier en disant allahoumma idj3al fi qalbi noura wa fi lissani noura wadj3al fi sam3i noura wadj3al fi bassari noura wadj3al min khalfi noura wa min amami noura wadj3al min fawqi noura wa min tahti noura allahoumma a3tini noura Seigneur, mets de la lumiĂšre dans mon cƓur, de la lumiĂšre dans ma langue, de la lumiĂšre dans mon ouĂŻe et de la lumiĂšre dans ma vue; fais qu’il y ait une lumiĂšre derriĂšre moi, une lumiĂšre devant moi, une lumiĂšre au-dessus de moi, une lumiĂšre au-dessous de moi; Oh mon Dieu, assigne-moi une lumiĂšre!”. En entrant Ă  la mosquĂ©e “Au nom d’Allah, que la priĂšre et le salut soient sur le Messager d’Allah. Ô Seigneur ! Ouvre-moi les portes de Ta misĂ©ricorde.” ŰšÙŰłÙ’Ù€Ù…ÙŰ§Ù„Ù„Ù‡ŰŒÙˆÙŽŰ§ Ù„Ű”Ù‘ÙŽÙ„Ű§Ű©ÙÙˆÙŽŰ§Ù„ŰłÙ‘ÙŽ Ù„Ű§Ù…ÙŰčÙŽÙ„Ù‰Ű±ÙŽŰłÙˆÙ„ÙŰ§ Ù„Ù„Ù‡ŰŒŰ§Ù„Ù„Ù‘Ù‡ÙÙ€Ù…Ù‘ÙŽŰ§ فْŰȘÙŽÙ€Ű­Ù’Ù„ÙŠŰŁÙŽŰšÙ’ÙˆŰ§ ŰšÙŽŰ±ÙŽŰ­Ù’Ù…ÙŽŰȘـِك Bismi l-lĂąhi, wa s-salĂątu wa s-salĂąmu halĂą rasĂ»li l-lĂąhi. AllĂąhumma ftah lĂź abwĂąba rahmatik. En sortant de la mosquĂ©e “Au nom d’Allah, que la priĂšre et le salut soient sur le Messager d’Allah. Ô Seigneur ! Je te demande de Ton immense gĂ©nĂ©rositĂ©. Ô Seigneur ! PrĂ©serve-moi de Satan le maudit.” ŰšÙŰłÙ…Ù Ű§Ù„Ù„Ù‡ ÙˆÙŽŰ§Ù„Ű”Ù‘Ù„Ű§Ű©Ù ÙˆÙŽŰ§Ù„ŰłÙ‘Ù„Ű§Ù…Ù Űčَلى Ű±ÙŽŰłÙˆÙ„Ù Ű§Ù„Ù„Ù‡ŰŒ Ű§Ù„Ù„Ù‘Ù‡ÙÙ€Ù…Ù‘ÙŽ Ű„ÙÙ†Ù‘Ù€ÙŠ ŰŁÙŽŰłÙ’ŰŁÙŽÙ„ÙÙƒÙŽ مِـنْ ÙÙŽŰ¶Ù’Ù€Ù„ÙÙƒŰŒ Ű§Ù„Ù„Ù‘Ù‡ÙÙ€Ù…Ù‘ÙŽ ۧŰčŰ”ÙÙ…Ù’Ù†Ù€ÙŠ مِنَ Ű§Ù„ŰŽÙ‘ÙŽÙŠÙ’Ù€Ű·Ű§Ù†Ù Ű§Ù„Ű±Ù‘ÙŽŰŹÙ€ÙŠÙ… Bismi l-lĂąhi, wa s-salĂątu wa s-salĂąmu halĂą rasĂ»li l-lĂąhi. AllĂąhumma innĂź as’aluka min fadlika. AllĂąhumma ahsimnĂź mina sh-shaytani r-rajĂźm. Invocation Ă  dire lorsqu’on entre aux toilettes
 D’aprĂšs Anas radiyallahou 3anhou, le Messager d’Allah sallallahou alayhi wa sallam disait, en entrant aux toilettes “Oh mon Dieu, je cherche refuge auprĂšs de Toi contre les dĂ©mons mĂąles et femelles”. â€œŰ§Ù„Ù„Ù‡Ù… Ű„Ù†Ù‰ ŰŁŰčÙˆŰ° ŰšÙƒ من Ű§Ù„ŰźŰšŰ« و Ű§Ù„ŰźŰšŰ§ŰŠŰ«â€ allahoumma inni a’ouzou bika minal-khobssi wal khabaĂŻss rapportĂ© par Al-Bokhari et Moslem Invocations Ă  dire en partant en voyage freres et soeurs, Ce sont les vacances et beaucoup de personnes s’en vont en vacances. Quel que soit l’endroit oĂč ils iront, ils doivent demander la protection d’Allah contre les dangers du voyage. Certains partiront en voiture, d’autres, en avion, et d’autres en bateau. Ils doivent prendre conscience que le moyen de transport avec lequel ils effectueront leur voyage est un grand bienfait d’Allah. Le matin, ils sont en France et le soir, ils sont en Afrique ! SoubhannAllah. Gloire Ă  Allah ! Selon Abdillahi ibnou Omar ra, lorsque le ProphĂšte d’Allah partait en voyage, il s’installait confortablement sur le dos de sa monture et disait 3 fois “Allahou akbar” puis Soubhanalladi sakharlana hada wa ma kounna lahou mouqrinine, wa inna ila Rabinna lamounqaliboune. » Gloire Ă  Celui qui a mis tout cela Ă  notre service =ce moyen de locomotion alors que de nous-mĂȘme, nous n’y serions pas parvenus. Oui, nous nous tournons vers notre Seigneur. » Aussi, lorsque les voyageurs quittent leur maison, ils doivent se mettre sous la protection d’Allah et de demander le bien durant le trajet. Alla houmma inni ass alouka fi safarina hadza lbirra wa taq-wa wa minal amali ma tarda. Alla houmma hawwine alayna safarana hadza wat wi anna bou’dahou. » Ô Allah, je te demande l’acquisition du bien et de la piĂ©tĂ© dans ce voyage, et de raccourcir son long trajet. » Bon voyage Je ne m’attendais pas que tu me comprennes. Tu n’as rien vu de tous cela et mĂȘme si tu essayais, tu ne saurais te l’imaginer » Je ne m’attendais pas que tu me comprennes. Tu n’as rien vu de tous cela et mĂȘme si tu essayais, tu ne saurais te l’imaginer ! Sur la grande toile au fond de la salle, les ombres se sont mises Ă  Prendre confiance en soi n'est pas une Ă©vidence pour tous. Pour certains enfants, il faut parfois recevoir des gestes et entendre des paroles qui les aideront Ă  acquĂ©rir cette confiance et Ă  oser aller de l'avant. Comment aider nos enfants Ă  prendre confiance en eux ? StĂ©phanie Fourneraut*, psychologue pour enfant nous livre ses astuces pour aider nos petits et pour donner quelques repĂšres aux parents dĂ©semparĂ©s par des enfants peu sĂ»rs d' la confiance en soi vient-elle aux enfants ?La confiance est un sentiment qui s’acquiert dĂšs la naissance dans les interactions prĂ©coces entre un bĂ©bĂ© et ses parents. Le portage, la sĂ©curitĂ©, le regard rassurant du parent sur son enfant lui permet de se sentir en sĂ©curitĂ© et de pouvoir se lancer dans les apprentissages de la vie avec confiance. Tout se construit dans les liens d’attachement avec le au long de l’enfance, la confiance en soi va continuer Ă  se construire dans les interactions familiales mais aussi dans les interactions sociales. Comment reconnaĂźtre un enfant qui n'a pas confiance en lui ?Un enfant qui n’a pas confiance en lui peut ĂȘtre un enfant qui se dĂ©valorise "je suis nul", "je suis bĂȘte" qui ne sent pas capable de faire peut ĂȘtre en classe, l’enfant a peur de participer, de se tromper, il doute de ses capacitĂ©s ou bien avec ses camarades, il a peur d’aller vers peut aussi ĂȘtre complexĂ©, "je suis moche" "je suis trop gros". C’est un enfant qui n’ose pas. Il n’ose pas participer en classe, pratiquer une nouvelle activitĂ©, aller vers les autres...5 choses Ă  Ă©viter de faire ou de dire Ă  un enfant qui manque de confiance en lui Eviter les moqueries et les critiques personnelles "tu es nul", "tu es mĂ©chant" ....Mais plutĂŽt contourner en expliquant que ce qu’il a fait n’est pas bien ou est un geste de mĂ©chancetĂ© "le travail que tu as fait est mauvais" "ce que tu as fait n'est pas gentil". C'est l'acte qui est rĂ©prĂ©hensible, pas l'enfant. Eviter les attentes trop Ă©levĂ©es, avec des objectifs qui pourraient ĂȘtre impossible Ă  atteindre pour l’enfant​ mais plutĂŽt lui fixer des objectifs progressifs en fonction de son Ăąge et donc de ce qu’il est capable de faire.​ Eviter de le surprotĂ©ger et de lui faire peur "tu vas tomber", "tu vas te faire mal". ... Mais en revanche le protĂ©ger l’encourager lorsqu’il apprend Ă  faire du vĂ©lo ou du roller en lui mettant un casque. Essayer de ne pas transmettre notre manque de confiance car l’enfant est dans l’imitation et dans l’identification. ... A nous de nous forcer un peu pour lui montrer l'exemple. A contrario, avoir des parents trop sĂ»rs d’eux met la barre trĂšs trop haute, et donne l’impression de ne jamais pouvoir ĂȘtre Ă  la hauteur. ... Dans un sens comme dans l'autre, attention Ă  l'image que vous renvoyez Ă  vos choses Ă  faire pour aider un enfant Ă  se sentir bien dans sa peau et donc Ă  avoir confiance en lui, il est important - De souligner ce qui est bien. - De relĂącher la pression que l'on met sur ses Ă©paules. - D’essayer d’ĂȘtre optimiste. - De renvoyer une image positive. - D'autonomiser l'enfant et de le responsabiliser tout en le contrĂŽlant. Par exemple Aidez-le Ă  apprivoiser l’heure de la douche. Pour un tout petit, versez-lui du produit de douche doux - prĂ©fĂ©rez un produit bio et hypoallergĂ©nique comme le gel Natural Caresse Rose Bio de Cadum - dans sa main et laissez-le se savonner seul. Gardez tout de mĂȘme un Ɠil afin qu’il n’oublie pas trop de petits recoins. FĂ©licitez-le. Ensuite, aidez-le Ă  se rincer. Petit Ă  petit, il apprendra Ă  se rincer seul jusqu’à atteindre une autonomie totale dans quelques annĂ©es quand il maĂźtrisera aussi le lavage et rinçage de Aidez-le Ă  se confronter aux autres. Pour un enfant un peu plus grand laissez-le acheter le pain en l’attendant devant la boulangerie puis attendez-le au coin de la rue et enfin, quand il sera prĂȘt, laissez-le y aller seul. On a tendance en tant que parents Ă  dire ce qui ne va pas Ă  nos enfants, il est nĂ©cessaire pour leur donner confiance en eux, de leur dire ce qui va bien, de souligner qu’ils ont Ă©tĂ© sages, serviables, agrĂ©ables, qu’ils ont bien travaillé  de leur dire qu’on est fier d’eux. Toutefois il ne faut pas en faire trop et laisser croire Ă  un enfant que tout ce qu’il fait est merveilleux, magnifique, il est nĂ©cessaire d’ĂȘtre objectifs et de lui faire autant de compliments que de critiques surtout, ne jamais lui laisser entendre qu'on risque de ne plus l'aimer s'il fait une bĂȘtise ou a de mauvaises notesEncourager les enfants, les valoriser, leur renvoyer une bonne image d’eux-mĂȘmes, avoir un regard bienveillant et aimant permet de leur donner confiance en jeux pour aider un enfant Ă  prendre confiance en lui ?Moi tout seulCap’Pour prĂ©parer le jeu dĂ©coupez des petits papiers et Ă©crivez un petit dĂ©fi sur chacun d’eux. Commencez par des dĂ©fis simples et rĂ©alisables par votre enfant suivant son Ăąge et ses capacitĂ©s faire une grimace terrifiante, traverser le salon les yeux fermĂ©s, Ă©crire son prĂ©nom en changeant de couleur Ă  chaque lettre
 L’enfant tire un petit papier et rĂ©alise le dĂ©fi avec ou sans aide. Pour rendre la partie encore plus intĂ©ressante, proposez aussi Ă  votre enfant de crĂ©er des dĂ©fis que vous tenterez de rĂ©aliser ce qui risque d’ĂȘtre beaucoup plus amusant mais aussi beaucoup plus compliqué pour vous. Votre enfant verra que parfois on y arrive, parfois pas mais que ce n’est de toutes les façons pas une le peuxIl existe Ă©galement des jeux spĂ©cialement prĂ©vus pour aider les enfants qui manquent de confiance en eux comme J’aide mon enfant Ă  avoir confiance en lui ». Dans ce jeu il pourra mimer ses Ă©motions, exprimer ses qualitĂ©s ainsi que faire un grand nombre d’activitĂ©s qui lui feront croire en ses partir de quand faut-il consulter ?Les petits signes du manque de confiance dĂ©valorisation, doute, peur d'aller de l'avant et de tenter de nouvelles expĂ©riences doivent alerter les parents qui se montreront alors plus vigilants et plus Ă  l'Ă©coute de leur l’enfant fait des crises d’angoisse, ou des colĂšres, refuse d’aller Ă  l’école, se replie sur lui-mĂȘme, n'hĂ©sitez pas Ă  consulter un Ă  StĂ©phanie Fourneraut*Psychologue Clinicienne pour enfants elle reçoit dans son cabinet du 14Ăšme arrondissement de Paris. Doncwai, commencez par le DEBUT Ă©crire un livre ça s'apprend, ça prend des annĂ©es et c'est un VRAI mĂ©tier. On ce lĂšve pas un matin dans le but de sortir un best seller. On ce lĂšve pas un matin dans le but de sortir un best seller.
Tourà tour ou simultanément, on a considéré l'interdiscipli- narité c o m m e une idée porteuse d'avenir, c o m m e le refuge de chercheurs superficiels ou c o m m e une option pouvant mener à la disparition pure et simple des disciplines, portant ainsi un coup dur aux enseignants du secondaire et du supérieur. Trois facteurs ont contribué cependant à ouvrir les portes de l'en
Faisainsi taire l’insatisfaction et l’impatience qui te rongent, d’autant plus qu’autrui semble jouir de cette vie qui, peut-ĂȘtre, te fait encore cruellement dĂ©faut. Vois seulement l’amour qui parfois Ă©merge en toi, vois les amitiĂ©s naissantes inespĂ©rĂ©es, vois les improbables rencontres avec toi et les autres. Apprends dĂ©sormais Ă  jouir de tes petites victoires, Ă  ne plus 2fVwp.
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  • apprend a ecrire ou apprend a te taire